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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 09:23

Et si c'était faux ?

En histoire plus qu'ailleurs, la fiabilité des sources est capitale et doit être un des premiers soucis, si ce n'est l'obsession première de tout chercheur. À tous les niveaux, tout doit être vérifié. Une erreur peut se glisser partout, dans un commentaire verbal, dans une brochure d'association, dans un compte-rendu d'interview, dans un livre ou une base de données. À tout chercheur, à tout historien de le savoir et de toujours faire preuve de défiance, tant vis-à-vis d'un autre chercheur que d'un acte ou écrit officiel.

En outre, ce n'est pas parce que l'information se trouve sur Internet ou dans un livre que cette information est garantie ! N'importe qui peut décider de publier un livre, une brochure en l'éditant ''à compte d'auteur'' ou par une association, autrement dit en payant un imprimeur qui le fabriquera sans vérifier son orthographe ni son contenu.

Bien des publications des siècles précédents, volontiers complaisantes, faisaient état de renseignements non prouvés et, qui plus est, bien souvent en se copiant les uns les autres.

Un ouvrage sérieux se doit de citer ses sources de façon précise (avec, pour les documents d'archives, l'indication de leur lieu de conservation et de leur cote afin de pouvoir s'y reporter). Il en est de même dans le texte d'un chercheur publié dans le bulletin d'une association, y compris – même si c'est plus rare – dans une publication généalogique.

Quand la source indiquée devient uniquement un bulletin d'association lui-même, sans aucune indication du document original qui a permis à cet historien intermédiaire de développer son argumentation, on tombe dans le flou absolu. Cet historien peut être un chercheur débutant, qui fera des progrès,mais dont les recherches, en leur état, peuvent contenir des erreurs, à commencer par des erreurs sur les lieux, les patronymes, mal identifiés par quelqu'un manquant d'expérience en paléographie, sans connaissance non plus du latin.

Normalement, un bon chercheur, un bon historien doit indiquer non seulement les références précises de ses informations (dates et lieux des événements ou actes) mais aussi et obligatoirement en donner les cotes d'archives.

Beaucoup de bases de données ont été réalisées dans les années 1980, à partir de dépouillements menés dans le cadre de contrat TUC (travaux d'utilité collective), par des jeunes souvent très peu ou très mal formés, qui ont mal lu les documents, et dont les relevés n'ont pas été contrôlés. Plus récemment, on a pu trouver une « honorable » qui était devenue une « honble » par méconnaissance de la paléographie, sans compter les innombrables erreurs de transcription qui sont une des conséquences de la transformation de la culture en commerce touristique : il faut terminer au plus tôt, sans vérification approfondie mais aussi sans étude comparative.

Exemples de documents posant problème :

La S.S.H.A. supprime les sources des renseignements, et se contente d'une bibliographie (il est impossible de travailler à partir d'un document ... il faut refaire le propre travail de l'auteur).

Des thèses d'étudiants pourtant très documentées (Christophe Tonin, Catherine Brun ...) ont fait de nombreuses références à des bulletins d'association locale (c'est l'histoire de l'homme qui a vu l'homme ... qui a vu l'homme ... qui a vu l'ours !).

L'erreur répétée par deux ou plusieurs cousins sur Geneanet ne donne pas une certitude (il revient à chacun de revenir aux sources pour éviter de se laisser embarquer sur une fausse piste !).

Ainsi faire référence à un seul auteur, tel que Constantin-Désormaux pour indiquer que le torrent de Saint-Ruph s'appelle ''la Glière'', confondant le ruisseau (objet liquide) et le lieu de ''la Glaire'' (objet solide) est une faute ! Tous les auteurs, même ces deux patoisants, sont unanimes à désigner ''la glière'', comme étant la grève graveleuse sur laquelle se déposent les cailloux, galets et sables en bordure d'une rivière, quel que soit son nom. L'avoir fait inscrire dans le marbre du parcours du biel caractérise la ''réflexion limitée'' du grossier personnage, qui n'est pas à un abus de langage près.

Le but hagiographique de l'individu ne fait aucun doute !

L'Eau morte traverse Faverges depuis le Villaret

L'Eau morte traverse Faverges depuis le Villaret

L'Eau morte traverse Faverges depuis le Villaret, puis les villages de Giez et Doussard, avant de se déverser dans le lac d'Annecy, au lieu-dit "Glière".

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Published by CPCGF74 - dans Histoire locale
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