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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 10:30

Est appelé ''abus de langage'' le fait d'employer un mot dans une acception inusitée ou critiquée, ou d'employer un mot à la place d'un autre, qu'il s'agisse ou non d'une métonymie (ex : Kleenex pour mouchoir). Au sens strict, l'utilisation d'un mot pour un autre n'est pas un abus du langage mais une impropriété de termes.

La notion d'abus de langage proche de celle d'« excès de langage », est considérée comme « épilinguistique » (sans valeur scientifique) par certains linguistes, car elle impliquerait un jugement de valeur sur l'usage que les locuteurs font du langage : la connotation négative du terme abus de langage est associée au purisme linguistique.

Cette notion peut avoir des connotations juridiques quand des mots sont volontairement utilisés avec intention de nuire ou de tromper, par abus de pouvoir, abus de droit ou abus de confiance, dans un contexte commercial ou dans un contrat par exemple.

Avoir souvent recours aux abus de langage pour servir sa rhétorique, c'est faire preuve de travers. Ainsi, employer ''éphéméride'' (sorte d'almanach journalier) au lieu de ''chronique'' (recueil de faits dans l'ordre chronologique), employer ''favergeois, -oise'' (terme usité pour Faverges de la Tour en Isère) au lieu de ''favergien, -ienne'' (gentilé d'un habitant de Faverges en Haute-Savoie), employer ''peu me chaut'' (terme vieillot et inusité) pour ''peu m'importe'' (qualifiant un manque d'intérêt à communiquer = I don't care ! = frega un cazzo !), cela s'appelle faire le buzz !

Il ne peut exister d'''auto-critique'', sans relecture de son travail ! Modifier les notes d'autrui en s'en déchargeant est une manière d'agir tout simplement pitoyable, consistant à attribuer à autrui ce dont on est responsable, tout en le pillant allègrement et s'appropriant les recherches des autres car on ne ne sait les entreprendre.

Mes sources : Wikipédia (document qui cite ses sources), Le Larousse, Les archives publiques.

Un historien ne se laisse pas arrêter par un commentaire désobligeant ou dénigrant. Au contraire, c'est une occasion supplémentaire de continuer à rechercher d'autres preuves -- ou des éléments contraires qui viendraient infirmer ce qu'il prétend --. Aussi, mes lecteurs vont pouvoir bénéficier de nouveaux textes confirmant les abus de langage, voire les erreurs de terminologie, recherches ayant même permis de découvrir que la vraie terminologie était pourtant connue par ceux-là même – les conseillers municipaux - qui avaient écrit un peu tout et n'importe quoi au XIXe siècle.

Les glières sont des étendues de galets … non cultivables.

Où l'on rencontre encore en août 1796, Antoine NYCOLLIN rentier à Faverges qui hérite d'une maison, jardin, prés, vignes, champs, teppes, glières rière la commune de Faverges contenant 32 journaux, 331 toises 7 pieds, estimée 13.776 livres.

... transformant même des berges de galets en un torrent...

Où l'on rencontre encore en 1830, le Conseil municipal de Faverges qui tente d'obtenir l'autorisation de jeter un pont à talon sur le torrent de la glière car la route provinciale d'Annecy à l'Hôpital (Albertville) se trouve souvent coupée et interceptée par les eaux du torrent de Saint-Ruf.

Ainsi, on emploie indifféremment un terme pour l'autre …

Le torrent de la glière est appelé le torrent de St Ruf...

Où l'on rencontre encore en 1830 que les habitants de Faverges déposent du gravier et des pierres dans le lit du torrent de la glière appelé le torrent de St Ruf.

Il n'est plus torrent mais simple ruisseau ...

Où l'on rencontre encore en 1843 que les conseillers municipaux nomment ''torrent'' ce qui n'est qu'une berge de galets

Le lieu où le torrent dépose ses galets est une glière ...

L'imprécision de l'orthographe vaut imprécision du sens du mot.

Où l'on rencontre encore en 1851 que les conseillers municipaux nomment ''thorens'' (par similitude avec le patronyme) ce qui n'est toujours qu'une berge de galets, voire le lieu où le torrent n'est plus torrent mais simple ruisseau …

... on trouve tous les sens possibles ...

Où l'on rencontre plus récemment, dans plusieurs délibérations municipales de 1851, "... que les eaux de la Glière menacent de passer par-dessus le mur", ... "qu'il faut construire une digue depuis la Glière jusqu'au chemin de l'Annonciation", ... "qu'il n'est pas question de mettre en culture les Glières communales ..."

... dans la même délibération parfois ...

... en amont du pont de la glière ...

Où l'on rencontre encore en 1857 que les conseillers municipaux reparlent de réparations à effectuer sur les digues en amont du pont de la glière ...

... le pont de la glière ou le lit de la glière !!!

Où l'on rencontre enfin en 1857 que les conseillers municipaux prennent la peine de nommer correctement l'ensemble composé d'un lit, de la glière, du torrent et de son nom réel, permettant ainsi à l'Administration de discerner l'ensemble et d'éviter les confusions.

Il faut différencier le thorens du torrent ... les glières en culture du lit du torrent ...

Sadi Carnot, ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussées de Haute-Savoie dépendant du Ministère de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics

Mais il faudra attendre encore l'année 1865 pour que Sadi Carnot, ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussées de Haute-Savoie dépendant du Ministère de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics, donne son autorisation de construction d'une digue conséquente afin de protéger la ville de Faverges, dont le mur se trouve de niveau avec

''le lit de la glière du torrent de Saint-Ruf''.

Rappelons simplement aux personnes peu familières à la pratique du franco-provençal que la ''glière'' se dit localement ''glaire'', « au sens de terre graveleuse qui s'applique à des terrains rocailleux et sablonneux, avoisinant le plus souvent, mais non nécessairement un cours d'eau », tel que l'avancent les patoisants émérites Constantin et Désormeaux dans leur dictionnaire du patois savoyard.

Ainsi, il aura fallu 27 ans aux conseillers municipaux pour trouver la bonne terminologie, citée ci-dessus, alors qu'ils mentionnaient en 1830 « le torrent de la Glière », associant le caractère torrentueux, impétueux et rapide du St-Ruph qui dévale du vallon homonyme, à la nature calme, tranquille, paisible d'une glière qui est la partie ''morte'' du torrent, d'où le nom d'Eau morte qui a été donné par la suite à cette partie paisible du torrent ; c'est ainsi que l'on a pu faire le rapprochement entre "la glière" et "l'Eau morte", alors que la 1ère entoure la 2de.

Comment ne pas comprendre cela ? ''Bouché bornéque ! Comme nous disait notre professeur de latin !'' pour qualifier celui qui ne voulait pas comprendre.

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J'espère simplement qu'à la lecture de cette explication, vous vous serez dit : « C'est que du bonheur ! ». Mais bon, moi j'dis ça, j'dis rien, hein ?

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© Bernard Pajani, Historien local et président du CPCGF - Histoire et Patrimoine des Pays du Bout du Lac – juillet 2015.

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Published by CPCGF74 - dans Histoire locale
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CPCGF 12/07/2015 22:23

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