Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 08:00

  Des Favergiens, sauveteurs de l'ombre

Rodolphe et Ruth Moos sont nés en Allemagne et se sont établis à Annecy en 1938, avec leurs fils Robert et Henri, venant de Sarrebruck pour s'éloigner le plus possible d'un nazisme conquérant.

A Annecy, Rodolphe Moos avait gardé l'appui de la cellule de résistance de l'avenue de la Plaine chez Léon Hérisson, où il avait milité.

Des autorités bienveillantes refusant le système de répression nazie et vichyssoise avaient averti la famille qu'ils ne seront plus en sécurité à Annecy et qu'ils devaient fuir immédiatement.

Le 9 septembre 1943, les parents Moos et leurs enfants Robert, Henri et Éveline, quittent leur villa d'Annecy pour une planque louée à Faverges à l'Hôtel de Genève.

« Le couple d'hôtelier était assez courtois au début mais petit à petit semblait souffrir de notre présence, évidemment plus dangereuse peut-être pour eux, qu'ils ne pouvaient le supposer au départ. Un jour, nous l'avons appris par la suite, le patron s'est rendu à Annecy à la Kommandantur pour nous dénoncer. Le résultat ne s'est pas fait attendre et deux ''gestapistes'' se sont rendus à Faverges. » (témoignage de Robert Moss)

En janvier 1944, Marius Bachet est adjudant de gendarmerie à Faverges. En temps que chef de brigade, il fait aussi partie de la Résistance. Il reçoit dans son établissement la visite de la Gestapo qui vient dans la commune pour arrêter la famille Moos, dénoncée sous torture par un jeune juif arrêté par la Milice française et remis aux autorités allemandes.

Marius Bachet retarde les officiers en leur offrant à boire, permettant ainsi à l'un de ses hommes d'aller avertir la famille Moos hébergée clandestinement à l'hôtel de Genève, qui peut ainsi s'enfuir du lieu.

Tandis que M. Rodolphe Moos parvient à s'échapper, Mme Ruth Moos arrive à l'hôtel et découvre les voitures allemandes. Elle comprend rapidement la situation au désordre laissé par son mari dans la chambre. À l'aide d'un subterfuge, elle se fait passer pour une employée et parvient ainsi à fuir avec sa petite Éveline de 4 ½ mois.

Hôtel de Genève devant l'Hôtel de Ville
Hôtel de Genève devant l'Hôtel de Ville

Marius Bachet retarde les officiers en leur offrant à boire, permettant ainsi à l'un de ses hommes d'aller avertir la famille Moos hébergée clandestinement à l'hôtel de Genève, qui peut ainsi s'enfuir du lieu.

Tandis que M. Rodolphe Moos parvient à s'échapper, Mme Ruth Moos arrive à l'hôtel et découvre les voitures allemandes. Elle comprend rapidement la situation au désordre laissé par son mari dans la chambre. À l'aide d'un subterfuge, elle se fait passer pour une employée et parvient ainsi à fuir avec sa petite Éveline de 4 ½ mois.

Marius Bachet retarde les officiers en leur offrant à boire, permettant ainsi à l'un de ses hommes d'aller avertir la famille Moos hébergée clandestinement à l'hôtel de Genève, qui peut ainsi s'enfuir du lieu.

Tandis que M. Rodolphe Moos parvient à s'échapper, Mme Ruth Moos arrive à l'hôtel et découvre les voitures allemandes. Elle comprend rapidement la situation au désordre laissé par son mari dans la chambre. À l'aide d'un subterfuge, elle se fait passer pour une employée et parvient ainsi à fuir avec sa petite Éveline de 4 ½ mois.

Des Favergiens, sauveteurs de l'ombre

Elles vont se réfugier dans la cave du charcutier Pierre Chiariglione (photo).

LIPZIG Henri Cordonnier
LIPZIG Henri Cordonnier

« Ensuite, ils vont chez le cordonnier Henri Lipzig (photo) qui les cache dans une bergerie sur la hauteur et à proximité de Faverges. M. Lipzig leur apporte le ravitaillement. C'était difficile, il fallait monter et piétiner dans la neige. » (témoignage de Robert Moss)

Jean CARQUEX "sauveteur de l'ombre" favergien
Jean CARQUEX "sauveteur de l'ombre" favergien

Quant à l'enfant Robert (dont les papiers avaient été établis au nom de Robert Morel), il se trouve que le jour de la visite de la Gestapo à Faverges, il était à Annecy pour raisons scolaires ; il n'est rentré à Faverges que dans l'après-midi par le car.

« Un monsieur que je connaissais un peu de vue, l'ayant aperçu avec mon père, m'attendait à la descente du car et m'a emmené sans tambours ni trompettes sur une colline dominant Faverges (NDLR : sans doute au château), chez le Directeur de l'usine textile, M. Scheller. Ce monsieur qui m'attendait était l'électricien du bourg, M. Jean Carquex (photo) qui, j'allais l'apprendre quelques décades plus tard, était capitaine de réserve et un des officiers (NDLR : ''capitaine Millau'') qui allait recevoir la reddition de la garnison allemande d'Annecy devant les maquisards, le 19 août 1944 ... Il avait précédemment amené mon frère Henri, âgé de 7 ans, qui était caché chez les religieuses s'occupant d'enfants (NDLR : les Soeurs de la garderie de la rue de la Fontaine)… Deux heures environ après mon arrivée chez ces braves gens, une ambulance de la Croix Rouge Suisse avec deux dames est venue me chercher pour m'emmener, petit bourgeois de 9 ½ ans, dans l'Orphelinat du Château des Avenières à Cruseilles. J'avais été accepté pour un maximum de 8 jours grâce à la recommandation du directeur de l'usine Stünzi. » (témoignage de Robert Moss)

La réunion de la famille s'effectue enfin.

« Enfin, Mme Caillat, la sage-femme de maman, probablement en coordination et l'appui du Dr Jacob de Duingt, prit le risque de venir chercher papa en ambulance.

Elle possédait un permis de circuler. Elle a installé et déguisé papa en femme en veille d'accouchement, installé ce dernier sur un brancard. Enfin, ils prirent la route de la Roche-sur-Foron. » (témoignage de Robert Moss)

© Copyright août 2014 CPCGF © Copyright juin 2015 CPCGF

phila.faverges74 AT wanadoo.fr

Autre blog à consulter : http://pajani.bernard.over-blog.com

---------------------------------------

Sources : Rencontres, communications et courriers avec Henri Moos.

''Les sauveteurs de l'Ombre'', Michel Germain et Robert Moos, Édition La Fontaine de Siloé - 2011. Le livre est disponible auprès de la bibliothèque du CPCGF.

Partager cet article

Repost 0
Published by CPCGF74 - dans Savoie
commenter cet article

commentaires

CPCGF74 21/08/2014 22:39


Courriel du CPCGF : phila.faverges74@wanadoo.fr


Courriel personnel : pajani.bernard-marie@wanadoo.fr


Courriel de l'édition : editionsdupre74@orange.fr

lizic-Collins Ida 21/08/2014 21:16


Bonsoir,


Je suis la fille de Mr Henri Lizic , le cordoonnier de Faverges que vous avez nommé dans votre article.Serait-il possible de me transmettre vos coordonnées par Email, car je souhaiterais vous
parler de mon père.


Merci par avance


 


 


 


 

Présentation

  • : Histoire et Patrimoine des Sources du Lac d'Annecy
  • Histoire et Patrimoine des Sources du Lac d'Annecy
  • : Activités d'histoire et patrimoine sur les communes des Sources du Lac d'Annecy, Recherches historiques, défense du Patrimoine, expositions en philatélie, cartophilie, généalogie, photos d'anciens, documents de Savoie, bouteilles sérigraphiées, cartes téléphoniques, capsules de muselets, pin's, disques, livres, etc...Le contenu de ce site est protégé par un droit d'auteur.Cependant il est autorisé de réaliser des copies pour votre usage personnel en y joignant un lien, après autorisation préalable.
  • Contact

Profil

  • CPCGF74
  • Cercle de collectionneurs, cartophiles, philatélistes, généalogistes, historiens et défenseurs du patrimoine intéressés par la Savoie et la Haute-Savoie, et plus particulièrement par le patrimoine du Pays de Faverges en Pays du Bout du Lac.
  • Cercle de collectionneurs, cartophiles, philatélistes, généalogistes, historiens et défenseurs du patrimoine intéressés par la Savoie et la Haute-Savoie, et plus particulièrement par le patrimoine du Pays de Faverges en Pays du Bout du Lac.

Compteur

un compteur pour votre site

Recherche