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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 18:50

Les Familles FARCY de Faucemagne en 1561

 

 

Faucemagne (du latin "Fossa magna" qui veut dire "la grande fosse" ou mieux "le grand fossé") a été le refuge de l'ermite Rodolphe (ou Ruph), frère de Germain de Talloires, au fond duquel il se retira.

Au Moyen Âge, le comte de Savoie y fit installer des groupes familiaux dépendant des moines du prieuré de Talloires pour exploiter les possibilités agricoles de la moyenne montagne.

En ce milieu du XVIe siècle, on trouve 4 feux (soit 4 foyers) comprenant de 3 à 8 individus pour une population totale de 26 personnes dont 6 de moins de cinq ans.

Les patronymes sont SYRE (7 + 1 enfant mineur de 5 ans), FARCY (3 + 3), PERREAR (3 adultes) et DELEENS GERMANET (7 + 2).

Le lieu est devenu le vallon de Saint-Ruph duquel surgit le torrent du même nom. Il ne comporte plus que des ruines de soubassements de quelques masures, ainsi que des pierres de l'ancien « prieuré », sans aucun doute rien moins qu'une simple chapelle à l'époque de l'ermite.

 

Le foyer d'Allexandre SYRE comporte 7 personnes :

  • lui-même

  • Rolette sa femme

  • Anthoine

  • Françoys

  • La Donarde

  • La Charle, ses enfantz

  • ung serviteur

    • trois vaches – six chièvres – sept brebis

1561_FARCY---SYRE--48-.JPG

 

Le foyer de Jehan filz de feu Loys FARCY comporte 3 personnes :

  • lui-même

  • la Guillermine sa femme

  • Michiel leur filz

    • deux vaches – une chièvre – quattre brebis

1561 Gabelle DSCN4843 inverse FARCY

Enfants mineurs de Faucemagne

 

Les enfants mineurs du hameau de Foucemagnie sont :

Chez Allexandre SYRE :

  • Pierre mineur de 5 ans

Chez Jehan FARCY :

  • Janne

  • L'Aymé

  • Mauris

Chez François DELEENS :

  • Pierre

  • Anthoine

1561 Enfants mineurs de Faucemagne (119 inverse)

 

Note : Les SYRE sont des FARCY car ils sont dits parfois SYRE dit FARCY (naissance d'un Jean SIRE dit FARCY en 1622 à Faucemagne, fils de Jean François et Anthoine CHAPPELAIN)

 

Les photos ont été réalisées par le président, à partir des microfilms des Mormons, déposés aux Archives départementales de Haute-Savoie.

Rappel : Toute utilisation des informations paraissant sur ce blog est soumise à autorisation écrite de la part de l'éditeur et, ensuite, de la mention de référence "in phila.faverges74.over-blog.com du Cercle Généalogique Favergien"

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Amusement : VIE DE SAINT RUPH

La naissance de Saint Ruph ne fut précédée d'aucun prodige, nul sillage de comète dans le ciel moyenâgeux, nulle aurore boréale sur les montagnes de Savoie tapies sous la neige.

Sa mère, Catherine, femme simple, était seule à sa naissance, seule mais quand même assistée par deux ou trois de ces bonnes femmes nommées chamailleuses parce qu'elles n'étaient jamais d'accord entre elles, censées aider les parturientes dans leur lent travail. L'enfant vint au monde presque mort, si l'on en croit les récits de sa naissance, au sujet de laquelle les chamailleuses pour une fois étaient d'accord : l'enfant bleu, le souffle coupé par le cordon, ne vivrait pas. Elles firent de leur mieux quand même, enveloppèrent l'enfant, quand un son rauque, faible, sortant de la petite gorge : ruf ! entre éternuement et aboiement, le ramena aux couleurs plus rose de la vie.

La mère épuisée, dit alors laconique : Ruf ! Alors, ce sera Ruph, ce fils, comme mon père. Puis, épuisée d'être allée chercher si loin une idée, se tourna du côté du mur et s'endormit, confiant l'enfant aux soins disputailleurs des chamailleuses. Elles envoyèrent quérir le prêtre en toute urgence : si cet enfant allait passer sans Dieu, ce serait un grand malheur, pensaient elles avec ensemble.

Ruph venait au monde dixième de sa fratrie, sixième de sa survivance. Il vécut, eut une enfance débraillée, peu de vêtements, peu d'affection. (Catherine eut encore après lui dix autres enfants, trois survécurent). Une vie de chien, comme il l'avait pressentie à son premier souffle. Il devint grandelet, et dès l'âge de sept ans, ses parents le sommèrent de travailler, comme il était normal en ces temps pauvres. Il se fit turlupineur, un vieux métier dont le sens ne nous est resté que dans l'adjectif turlupiné – être turlupiné par quelque chose, être la proie d'un doute – mais de ce dont il s'agissait, nous n'en savons plus rien, montreur de marmottes – il en éleva plusieurs, de ces grasses à lard, mais l'hiver, les bêtes dormaient, c'était un métier d'été – peloteur d'ours – il y avait encore beaucoup d'ours, à cette époque – monteur d'échasses pour garder des moutons, operculateur de cellules d'abeilles, un petit métier, réputé piquant, coupeur de poils de loup en quatre au débit de boissons, et il en abusait, ce qui donnait lieu à des bagarres, repriseur de soutanes – un métier qu'il se payait en vin de messe et pains d'hostie dérobés – soudeur de bouts de chandelles. Le plus souvent ne faisant rien, vivant de maraudes, de fruits aigres – il avait la colique chaque automne de ces petites poires vertes ou rouges dites d'Ugine qu'on ne trouve plus guère aujourd'hui – de noix, de noisettes. Il volait aux écureuils leurs glands, s'en faisant, une fois grillés, une décoction qui ressemblait de loin au café, sauf que le café était encore inconnu. C'était un rabatteur de moutons apprécié. Son cri : Ruf ! Ruf ! les laissant croire au chien, les faisait se regrouper.

Un jour qu'une châtaigne récoltée dans la bagarre lui eût mis le visage au sang – il ne pouvait quand même pas rentrer ainsi chez mère Catherine – il courut dans un vallon se laver près d'une source claire. Levant les yeux, encore défait, la Vierge en manteau bleu lui apparut. Bonne Dame, cria-t-il, et il se signa céans avant de déguerpir.

- "Tu reviendras ici à la fin de ta vie" entendit-il dans son dos lui prédire la Dame en bleu.

Ruph n'en croyait fichtre rien, étant impie dans le fond de son coeur, mais il crut bon d'aller tout raconter de sa vision à Catherine.

- "Eh mon Dieu ! Eh mon Dieu !, se mit-elle à crier par toute la maison comme s'il fût arrivé un grand malheur. Voilà que cet enfant m'a vu la Vierge !

Et dans ce "m'a vu la Vierge ", on sentait bien qu'elle seule croyait au miracle. Catherine n'était pas discrète, peu taiseuse, elle raconta l'histoire autour d'elle, et bientôt, toute la contrée se la raconta. Le curé se déplaça, retroussant sa soutane pour franchir les creux encore enneigés, mais du tête à tête qu'il eut avec Ruph ne tira pas grand chose.

Alors, Catherine considéra ce dixième né d'un autre oeil. Elle lui prépara des herbes pour ses tisanes quand il revenait crotté des alpages, lui portait parfois un bout de bois de son feu près de sa paillasse, pour que sa maigre chaleur le réchauffe la nuit, un peu d'eau tiédie pour qu'il consente à se débarbouiller. Elle se mit à le gâter, ce qui n'était pas du goût de ses frères et soeurs. Mais pour elle, qu'un saint puisse naître de son sein était une telle distinction, qu'elle devint elle même bonne pour les autres. Mère d'un futur saint, il fallait qu'elle donne désormais son avis pour des couches difficiles au milieu des avis contraires des chamailleuses, qui la faisaient appeler ; pour un enfant récalcitrant, pour des maladies. Elle s'imposa comme guérisseuse de tous poux, les mouches la fuyaient. Catherine devint Dame Catherine, devint devin de village.

Ce qui commençait à l'inquiéter, c'était que son Ruph ne semblait pas avoir changé sa vie, lui. Il n'avait jamais revu la Vierge malgré les demandes réitérées de sa mère de retourner à la source miraculeuse, il devenait taiseux en grandissant, et ce silence ennuyait beaucoup Dame Catherine. "Car où en était-il dans sa vie", voilà ce qu'elle se demandait. Sans réponse.

Il se mit à tourmenter les filles, ce qui était bien de son âge, mais Dame Catherine ne voyait pas cela d'un bon oeil, la sainteté s'accommodait mal, selon elle, de l'état conjugal. De fait, il se maria vers ses seize ans, et sa femme eut, comme sa mère en son temps, enfant sur enfant sur enfant. Il dut pour les nourrir continuer sa vie de soudeur de soutanes par les deux bouts, de montreur d'échasses dans les foires, de coupeur de bouts de chandelle en quatre, d'operculateur de trous de marmottes, de peloteur d'abeilles. Il aimait toujours courir les bois, toujours à l'affût d'un autre jupon que celui de sa femme, un vrai trousse-montagnes. Et de Vierge, bernique, il n'en fut plus question que dans le souvenir que sa mère en gardait, souvenir qu'elle répandait encore souvent les soirs de veillées passés à teiller le chanvre ou à casser des noix avec les voisins. Puis Dame Catherine mourut, très honorée, mais en grand chagrin pour n'avoir pas vu son Ruph béni par une nouvelle apparition. Ruph mourut peu après, d'une maladie pestilentielle, qui lui monta depuis les talons jusqu'à la tête. Il ne mourut donc pas en odeur de sainteté quand il rendit son dernier soupir, un son étouffé, ruf ! que personne ne perçut, à part deux de ses derniers fils qui jouaient là et qui se le répétèrent : ruf ! ruf ! jusqu'à ce qu'une chamailleuse, en passant par là, leur administrasse une ou deux taloches.

Ruph, sa mort fut sans gloire, sa mort, un dernier souffle,banal comme toute sa chienne de vie vouée à la misère.

- Alors donc, dites moi, Saint Ruph, Saint Ruph n'existe pas, n'est qu'une légende ?

Ruph en réalité ne fut saint qu'après sa mort, quelques mois plus tard, lorsque deux enfants, passant près de la source où la Vierge était une fois apparue, entendirent appeler dans les buissons : Ruf ! Ruf ! Comme un feulement, un jappement enroué. Les enfants prenant leurs jambes à leur cou, croyant à une portée de louveteaux, racontèrent leur affaire à leurs parents. On se souvenait encore au village des racontars de Dame Catherine, et on se mit à croire, tout de go, que Ruph était revenu comme la Vierge l'avait prédit en son temps. Le lieu porte désormais le nom de Source de la Vierge , et le vallon et la forêt qui s'y trouve, celui de Saint Ruph.

- Or donc, il n'y a pas de Saint Ruph, rien qu'un chuchotement dans les branches, du vent...

Ma foi, certainement que Ruph n'a jamais été ce saint dont on parle dans les lieux qui portent son nom. Cet homme, qui manquait juste un peu de souffle pour mener une vie glorieuse, ce pauvre bougre mort jeune encore, ne ressemble-t-il pas à tout un chacun ; sa vie, ce bref passage sans gloire entre deux éternuements, à chacune des nôtres ?

- Nous pourrions tous passer pour saints, nous aussi, par quelque miracle, aussi petit fût-il, dans nos courtes vies, illumination de soleil entre les nuages un jour de pluie tenace, rencontre avec un animal d'ordinaire invisible...Hé, pourquoi pas !

C.B. 10 août 2006 (trouvé sur over-blog.com)


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Published by CPCGF74 - dans Généalogie
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