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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 14:40

L'Eau morte à Verthier

Étymologie : Verthier : Commune et village de la commune de Doussard (Pays de Faverges, Haute-Savoie), du nom de la Villa Vetri, avec le gentilice gallo-romain Vetrius, variante de Veturius. [Henry Suter - henrysuter.ch,‎ 2000-2009 ]

Au nord, sur les contreforts de la montagne du Villard, appartenant au massif de la Tournette, on trouve d'est en ouest, près du bord du lac d'Annecy, les hameaux ou lieux-dits de Sollier 1, la Reisse, Verthier, à 2,2 km de la plage et de la Réserve naturelle du Bout du lac d'Annecy.

Le long de la montagne du Villard s'écoule le nant de Montmin qui rejoint la rivière de l'Eau morte, la plus importante rivière qui alimente à 50 % le Lac d'Annecy, et traverse le village de Verthier.

Le nant ou torrent de saint-Ruph, qui prend sa source au col d'Orgeval, au cœur du massif des Bauges, gagne Faverges à 551 m d'altitude et traverse la commune jusqu'aux marais du Bout du Lac avant de rejoindre le lac d'Annecy ; il prend d'ailleurs les noms de l'« Eau morte », et par erreur de langage celui de « Glière » 2 3 (qui n'est que le dépôt de matériaux laissés par le ruisseau, tel qu'en d'autres quatre ou cinq lieux sur le canton.)

1 vient de Solier, dérivé du mot latin solarium, désignant une terrasse exposée au soleil

2 un type de lieu comme pour « Glière », variante de Glaire, provenant du latin Glaria, Glarea, désignant un lieu composé de gravier ou assimilés, souvent inondé

3 terrain graveleux, rocailleux, souvent inondé, grève de rivière, banc de gravier dans le lit d´un cours d´eau. Patois glire, du latin glarea, glaria, « gravier, gros sable ».

"Une vieille maison", par Prosper Dunant

L'Eau Morte et le Lac ont permis le développement de Verthier, un des plus anciens villages qui constituent Doussard. Le lieu a inspiré les peintres Prosper Dunant et Firmin Salabert.

Un circuit vous permet de remonter au temps où le vieux pont sur l'Eau morte était un péage permettant de passer sur l'autre rive du torrent, et où les moulins étaient alimentés par des biefs qui utilisaient la force de l'eau, où l'unique moyen de transport pour traverser le lac était le bateau.

La chapelle, N.D. de la Nativité (1862)

La chapelle

Ce circuit permet de découvrir l'habitat traditionnel, la chapelle de Notre-Dame-de-la-Nativité qui est d'origine ancienne, sans date précise. Elle fut visitée, parait-il, par saint Ruph et par saint Jorioz, religieux de l'abbaye de Talloires, puis par saint François de Sales. Ruinée après la Révolution française, le culte est abandonné et la chapelle tombe en ruine. Les habitants la reconstruisent et, les travaux achevés, le culte peut reprendre dès le 8 septembre 1862 (selon la plaque commémorative sur la chapelle). Une nouvelle restauration est effectuée en 2001. Elle est située sur la rive droite de l'eau Morte qui traverse le village de Verthier, au pied de la montagne.

La maison Blain, actuellement maison d'hôtes

La maison Blain

Le circuit permet aussi de faire la connaissance d'une véritable maison bourgeoise, la maison Blain, typique maison savoyarde du XVe siècle, classée monument historique en 1974 et dont l'intérieur a été entièrement rénové par Yves Godard qui en connaissait chaque pierre, son avant-dernier propriétaire avant son décès en 2009. Située derrière la chapelle, elle semble déjà mentionnée dans un acte de 1476 (Source à indiquer)

.

Le village de Verthier en 1732

C'est aussi le point de départ du GR 96 pour le col de la Forclaz (entre la chapelle et le lavoir). C'est aussi Verthier que les Romains ont choisi pour le tracé d'une voie de circulation pour rejoindre Annecy et Genève, le long de la montagne.

Le village est mentionné sur de vieilles cartes comme celle datée du moyen âge, époque de la construction des monastères dont ceux de Tamié ou de Talloires. La seconde est de l'époque sarde, c'est la "mappe", datée du 19 décembre 1732.

Qui était Simon de Verthier ?

Le dénombrement de Vertier en 1561

Les anciens noms du village

Selon la Gabelle de 1561, la liste des personnes assujetties à la levée du sel permet de reconnaître les anciens noms des habitants de Verthier : Domenge, Domenge dit Rochiz, Domenge Habeau, Domenge dit Garin, Domenge dit Gros, Cullard, Magnin, Magnin dit Giros, Fagoct et Fagot, Duboex, Dubois, Mugnier, Mugnier dit Bleu, Bellin, Varepe, Fontanex, Fontanel, Curton, De Chevalline, De Chevallinaz dit Grivet, Ros, Bernex, Badollet, Savyuz, Ancillion, Remondier, Vulliermoz, Vertier, Grand, Aymard, Richard, Blanc, De la Chinal, Goctry, Noir, Noir dit Vezon, Poentet.

Et parmi les pauvres, on relève les noms de Poentet, Heustace, Varespiz, Curton, Roufz, Decas, Grend.

Le hameau comprenait 264 habitants répartis entre 137 femmes et 127 hommes, dont 44 enfants de moins de 5 ans non assujettis à la taille, ainsi que 18 pauvres non taillables également.

Chaque feu (groupe familial constitué principalement de 4 à 5 personnes) ne possédait que peu de bétail, soit en moyenne une seule vache, deux chèvres et une brebis (ou fée), de quoi se subvenir en lait et fromage. On ne relève que 9 feux de 6 à 8 personnes sur les 59 du village.

En comparaison, Doussard et tous ses hameaux comprenaient 838 personnes dont 112 enfants de moins de 5 ans et 61 pauvres. Dans ce qui deviendra la commune la plus peuplée, on relève aussi 4 nobles, mais aucun prêtre n'est indiqué.

Ainsi, Verthier représentait en population presque le quart de la paroisse, étant devenu le principal lieu d'habitat grâce à son péage sur l'Eau morte et à ses vignes sur le flanc de la Tournette, deux sources importantes générant des revenus conséquents.

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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 08:35
Tour de l'ancien château
Tour de l'ancien château

(Histoire des communes savoyardes-3, Henri Baud et Jean-Yves Mariotte – 1981 – édit. Horvath)

Commune rurale de 369 habitants, 1327 en 1968, 612 en 186l).

La commune de Lathuille allonge une étroite bande de terre (largeur maximale de 2 km) partant du sommet de Bornette, au sud (1 343 m) et descendant vers le lac d'Annecy dont elle est séparée par la commune de Doussard à la hauteur de Bredannaz. Sa limite méridionale confine au département de la Savoie. Marteaux suppose que ce toponyme, dérivé du latin tegula 1, rappelle un bâtiment romain sis près de la voie de Boutae (Annecy) à Casuaria (Viuz-Faverges). Une commune valdôtaine située sur la voie de Milan à Vienne porte le même nom. On trouva en effet sous le jardin de l'ancien château de Lathuille des monnaies romaines, dont un denier de Trajan.

Au fond de la Bornette furent également dégagées plusieurs tombes d'une nécropole du haut Moyen Âge.

1 Une autre étymologie qui nous paraît plus contestable fait venir ce nom de Thuie, Thuye, Thuille : " arbuste des Landes dont les basses terres abondent sur les bords méridionaux du lac d’Annecy ".

four banal de Lathuile
four banal de Lathuile

Féodalité

La maison forte de Lathuille qui longeait la route du bout du lac et qui était simplement appelée " maison de la Thuille " en 1323, relevait du fief de Châteauvieux de Duingt. Elle était possédée aux XIIIe et XIVe siècles par une famille Richard dont un Jacques ou Jacquemet, damoiseau, transige en 1318 avec le comte de Genevois, non pour la juridiction de Lathuille mais pour la juridiction sur les hommes de Meythet. Dans son testament, il fait des legs au curé de Chevaline et demande à ses héritiers de faire édifier une chapelle dans l'église de Lathuille. Ses descendants occuperont le château jusqu'au mariage d'une demoiselle Béatrice, a une branche collatérale, avec Amblard de Sionnaz. Cette famille occupera alors la maison forte. Au XVIe siècle, l'un de ses membres, Melchior-Urbain, épouse une Chevron-Villette, puis complète les biens qu'il possède dans la paroisse en achetant ceux des Luxembourg-Martigues. Sa fille, Françoise, épouse à son tour en 1560 Ne François de Sales qui devient ainsi seigneur de Lathuille. C'est le père de saint François de Sales. Celui-ci y séjourna à plusieurs reprises dans son enfance. C'est à Lathuille qu'eut lieu la fameuse scène où François finit par obtenir de son père l'autorisation de se faire prêtre, et dans l'église paroissiale qu'il reçut la tonsure.

Le château de Lathuille qui était déjà en ruines en 1593 demeura dans le patrimoine des marquis de Sales jusqu'aux affranchissements de l791.

Il exista à Lathuille une autre maison forte dont faisait partie la tour ronde actuellement englobée, avec sans doute d'autres éléments dans le bâtiment de la mairie-école. Peut-être appartint-elle aux Nobles de Bieux, originaires de Flumet, qui furent " communément et improprement appelés comtes de Flumet " (A. de Foras). Au XVIIe siècle, elle est la propriété des Reveu, famille originaire de Bonneville anoblie en 1622. Noble et spectable Melchior de Reveu, conseiller de S.A., sera président de la Chambre des comptes du Genevois. Sa première femme fait en 1648 un legs en faveur de la chapelle Saint-Sébastien, fondée en l’église de Lathuille. Ses héritiers posséderont cette maison forte jusqu'en l736.

Lathuille Eglise façade est
Lathuille Eglise façade est

La paroisse

La paroisse de Lathuille, dont l'église invoque le patronage de saint Ours, est ancienne. Elle dépend du prieuré de Talloires qui a le droit de présentation du curé. Son revenu au XIVe siècle est plus élevé que celui de Doussard pourtant beaucoup plus peuplé, et sensiblement le même que celui de Montmin et Seythenex.

Les visites pastorales du XVe siècle font apparaître une très forte diminution de la population. De cinquante-six feux en 1411 et 1414, elle tombe à trente-cinq en 1443, remonte légèrement à la fin du siècle (quarante feux en 1470 et 1480) pour atteindre soixante feux en 1518.

Lors de la visite de saint François de Sales (20 octobre 1607), dont le frère Louis était seigneur de Lathuille, l'église comportait quatre chapelles. L'entretien de l'une d'elles était à la charge de sa mère et en mauvais état. L'évêque n'hésita pas à ordonner à son frère Gallois qui assistait à la visite de demander à celle-ci d'y faire les travaux nécessaires dans le mois (nommer un recteur, parer, orner, " planchonner et réparer le chassy "). Gallois, au nom de sa mère, nomme aussitôt comme recteur le curé de Chevaline.

En 1717, le hameau d'Entrevernes fut séparé de Lathuille et érigé en paroisse indépendante.

Lathuille Eglise façade Sud
Lathuille Eglise façade Sud

L'église

L'église actuelle de style pseudo-gothique et dont le plan est dû à l'architecte Ruphy, a été construite en 1862-63 et consacrée le 29 mars 1868 par Mgr Magnin. Elle forme une croix latine avec une nef de quatre travées, un transept où se trouvent deux autels latéraux, enfin un choeur de deux travées et chevet à pans coupés. Le clocher est ancien; un rapport de 186l précisait : " La tour du clocher actuel étant d'une grande valeur doit servir de point de départ pour le nouvel édifice ". Il avait été découronné à la Révolution.

Vie économique et sociale

En dehors de ses ressources agricoles et forestières, Lathuille possède une des plus anciennes martinettes qui était située sur le nant d'Entrevernes 1. Était-elle alors " à l'emplacement des moulins et battoirs repérés en 1344 ainsi que la " Reyssie ", la plus ancienne de la région, dite alors sur la Bornette à cette même date " ?

Les habitants de Lathuille eurent à souffrir de l’âpreté des agents seigneuriaux chargés de la rénovation des fiefs. L'interdiction de pêcher dans le lac qu'on voulut leur imposer donna lieu à des incidents (cf. Doussard). Leur opposition fut vive également à l'égard des fermiers qui avaient laissé s'accumuler des arriérés de servis, corvées, échutes, fermages ou qui voulaient obtenir le renouvellement de dettes anciennes dont certaines remontaient à vingt-sept ans en arrière (fin XVIIe siècle). La résistance des paysans à la " réaction seigneuriale " et à la perception des dîmes aboutit souvent à une diminution notable des revenus perçus notamment par le monastère de Talloires. Le rendement des dîmes en particulier s'amenuisa très sensiblement de 1697 à 1750.

1 que Robert Tissot identifie avec la Bornette ou un affluent venu de la montagne, in Manuscrits déposés aux ADHS

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