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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 07:45
Conglomérat calcaire de l'époque glaciaire
Conglomérat calcaire de l'époque glaciaire

Une découverte récente permet de concrétiser aujourd'hui que notre histoire ne débute pas il y a 2500 ans mais avec la fin de la dernière glaciation d'il y a plus de 10.000 ans. Cet élément de notre patrimoine, extrait lors de fouilles effectuées durant l'été 2015 à la Balmette de Faverges, est une pierre en agglomérat caractéristique des brèches calcaires, des flichs, transportées par les glaciers, roulées, limées par l'érosion sur les rochers.

Bernard Pajani a captivé la nombreuse assistance
Bernard Pajani a captivé la nombreuse assistance

Elle prouve le passage dans la plaine de Faverges d'un glacier qui descendait du Val d'Arly-Beaufortain et parcourait la plaine dans le sens Ugine à Annecy.

Sur la moraine latérale nord, plus élevée que le seuil de la rivière souterraine, s'est établi un village qui aurait pris -du moins, est-ce prétendu sans preuves par certaines personnes- le nom de Casuaria. Ce nom provient de mots latins, "casua" signifiant "la Chaise" et ''-aria'' suffixe signifiant ''près de''.

La découverte en 1992 et l'étude d'un sanctuaire situé sur cette hauteur attestera de la non-présence d'un village mais d'un lieu de culte entouré de chapelles et de petites échoppes, sur le chemin antique de Genève à Gênes ou Turin.

Il faudra trouver "Casuaria" en un autre lieu, sans nul doute sous le Faverges actuel, ce que nous aborderons plus tard.

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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 10:17
Un mariage Faverges-Seythenex en 1622

Mariage entre honorable Pierre Françoys filz de feu honnêste Jehan SIBELLOZ de Faverges d'une part et la Michollette fillie de feu Valantin EXCOFFIER des Combes de Thamyé parroisse de Setheney d'aultre

[ADHS_Notaire Barthollomé TRUCHET_E775_f°92]

L'an 1622 et le 21e jour du mois de décembre par ce présent public instrument à chascung soit notoire et manifeste comme ainsy soit que mariage aye esté trecté en face de nostre Saincte mère ésglise cy-devant solempnizé entre honorable Pierre François filz de feu honnêste Jehan SYBELLOZ dict SAMEYS de Faverges d'une part et la Michollette fillie de feu Valantin EXCOFFIER des Combes de Thamyé parroisse de Setheney d'aultre

et parce qu'il est de coustume constituer dote aux maris de la part des femmes affin que plus facillement ilz puissent supporter les charges du mariage, À ceste cause par devant moy notaire soubzsigné et présentz les tésmoingtz soubznommés se sont personnellement éstablys honnorable Maurise de VARCELLOCT vefve de Valantin EXCOFFIER et avec elle de son auctorité et licence honnêstes Claude et Gaspard ses d'elle et dudict Valentin EXCOFFIER enfantz lesquelz de leurs bons grés, pure, franche et libérale volunté pour eulx et les leurs donnent, baillent et constituent en mariage et pour le mariage de ladicte Michollette EXCOFFIER fille et seur au prénommé honnêste Pierre Françoys SYBELLOZ espoulx icy présent acceptant stipulant et recepvant pour luy et les siens

Scavoir la somme de six centz florins monnoye de Savoye et pour son trossel douze linceulx, ung canavail en toyle, ung cussin de plumes, une couverte drapt de peys, ung mantil de demy rain et pour ses accoustrements nuptiaulx, une robbe drapt de colleur oultre ses accoustrements quotidiens et ce pour tous et ung chascungs ses droictz tant paternelz que maternelz et notamment pour lesdicts droicts maternelz ceulx qui consistent rière la pièce de guèce tant seullement se réservant ladicte éspouse les aultres maternelz en quelz lieulx qu'ilz soyent,

en déscharge de laquelle constitution le prénommé Pierre Françoys SYBELLOZ éspoux confesse havoir heuz et reçeu desdicts constituantz Scavoir troys centz florins, trossel et accoustrementz par cy devant comme il dict et afferme de quoy le dit SYBELLOZ éspoux se contente et comme bien payé et satisfaict se tient lesdits mère et filz constituantz et les leurs par ces présentes avec pact express de ne jamais rien leur en demander ny fère demander par aultre personne en jugement ny dehors

et les autres troys centz florins restantz ont promis et promectent lesdits mère et filz constituantz par foy et serment et soubz l'obligation de leurs personnes quant aux hommes et tous ensemble de tous et ung chascungs leurs biens dotaulx et parafermaulx quant à ladicte Maurise de VARCELLOCT constituante présentz et advenir qu'ilz se constituent respectivement tenir, payer et délivrer audict SYBELLE éspoulx ou es siens es termes suivantz,

Scavoir d'aujourd'huy en ung an prochain 100 florins, d'aujourd'huy en deux ans prochains aultres 100 florins et d'aujourd'hui en troys ans [aussy, ut supra] prochains venantz les aultres 100 florins restantz, avec tous fraix, déspens, dommaiges et intérêstz légitimes

et en oultre pour contemplation et accroist du présent mariage s'est éstably en personne le prénommé Pierre Françoys SYBELLE éspoulx lequel en son bon gré et libérale volunté pour luy et les siens donne, baille et concède en accroist et augmentation dudit mariage par donnation pure, simple et irrévocable faicte entre vifz à cause des nopces à ladite Michiollette EXCOFFIER son éspouse et aux siens absente, moydis notaire soubzsigné comme personne publicque pour elle et les siens stipulant et recepvant, Scavoir la somme de 300 florins monnoye susdite sellon les bons us et coustumes de ce peys

lesquelz mariage sus constitué et augment sus donné a promis et promet ledict Pierre Françoys SYBELLE éspoulx par foy et serment presté es mains de moidis notaire sur les sainctes de dieu éscriptures et soubz l'obligation de tous et ung chascungs ses biens présentz et advenir qu'il se constitue tenir, rendre et restituer à ladicte Michollette EXCOFFIER son éspouse ou es siens ung an apprès la disuolution dudict mariage avec tous fraix, déspens, dommaiges et intérêstz légitimes et pour plus grande asseurance d'ycelluy payement audict cas icelluy SYBELLE éspoulx oblige, ypothèque, assigne et assepte spécialement et expressément de sorte que la spécialité ne déroge à la généralité ny au contraire et au nom de spéciale obligation et ypothèque ballie et concède à ladicte Michollette EXCOFFIER son éspouse absente moydis notaire pour elle stipulant et recevant comme dessus

Scavoir tous et ung chacungs ses dudict éspoulx biens, meubles, immeubles présentz et advenir quelconques et sus une chacune pièce d'yceulx par le tout qu'il se constitue tenir les fruictz et prises audict cas lever et d'yceulx user et jouir sans ce qu'ilz luy puissent êstre aulcunement comptés en sortz ny diminution desdites sommes car iceulx fruictz audict cas ledit éspoulx donne à sa dicte éspouse et aux siens, par donnation pure faicte entre vifz à jamais irrévocable, se dévestant icelluy SYBELLE éspoux desdicts fruictz ores pour lhors et ladicte éspouse et les siens à la stipulation prédicte investant par la rémission d'une plume comme est de coustume investir se constituant en oultre ledict éspoulx lesdicts biens sus ypothéqués tenir et posséder au nom et faveur de ladicte EXCOFFIER son éspouse jusques à ce qu'elle en aye prince possession corporelle laquelle elle pourra prendre quand luy plaira sans licence de personne ledict cas éstant premier advenu

promettantz pour ce lesdictes parties contractantes pour elles et les leurs prédicts par leurs sermentz prêstéz es mains de moydis notaire soussigné sur les sainctes éscriptures et soubz l'obligation de tous et chascungs leurs biens, présentz et advenir qu'ilz se constituent respectivement tenir le présent contract et tout son contenu avoir ferme aggréable stable et à perpétuité vallide sans jamais venir au contraire en jugement ny dehors mêsme ledict SYBELLE éspoulx lesdicts biens sus ypothéqués perpétuellement maintenir, garder, guerentir et désfendre envers et contre tous et les fère valloir, les sommes pour lesquelles ilz ont éstés ypothéqués et iceulx rendre, louer, servicier, usager et de tous empêcher, débriguer de tout le temps passé jusques à présent et êstre tenu à toutte éviction universelle et particullière,

renonçantz en outre icelles parties par vertu de leursdicts sermentz sus prestés à tous droictz, loix, us, statutz, coustumes et privillèges par le moyen desquelz ilz pourroient aller ou venir au contraire des chouses sus escriptes mesmes ladite femme à tous droictz faisant en faveur des femmes et tous ensemble au droict disant le contract passé hors jugement et la générale renonciation non valloir si la spéciale ne précède,

demandantz icelles parties contractantes à moydis notaire soubzsigné leur êstre fait de ce que dessus deux actes d'une mêsme teneur et substance au prouffict de chacune partie ung Scavoir ung au prouffict de ladicte éspouse et des siens aux déspens desdicts constituantz et l'aultre au prouffict dudit éspoulx dont le présent est en faveur dudict éspoux et des siens.

Fait audict lieu des Combes de Thamye en la maison de ladicte Maurise VARCELLOCT co-constituante.

Présentz André filz de feu Jean GAY de la Recorbaz, Hercules filz de feu Anthoine PAVILLIET alias AYMONOD et Michiel filz de Guilliaume EXCOFFIER dudict lieu des Combes de Thamye parroisse prédicte de Setheney tesmoingtz à ce requis et demandés, lequel Pierre Françoys SYBELLE espoulx a signé au pied du présent contract et non les aultres parties ni lesdicts tésmoingtz pour ne scavoir escrivre.

En 1622 Signature de Jean François SYBELLOZ alias SAMEYS
En 1622 Signature de Jean François SYBELLOZ alias SAMEYS

Signé, CIBELLOZ présent, espoulx.

Jacoit d'aultre main soit éscript et je notaire soubz signé à ce que dessus recepvoir requis.

Signé, B. TRUCHET, notaire.

© Transcription effectuée par Bernard-Marie PAJANI, historien savoyard, guide du Patrimoine des Sources du Lac d'Annecy – 09 51 70 80 06

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 16:45

Communication de l'Académie Salésienne :

" L'Académie salésienne tiendra sa prochaine conférence le lundi 15 février à 17h30 à l'Espace Yvette-Martinet, avenue des Iles à Annecy. Nous entamons un cycle de Rendez-vous sur l'histoire générale de la Savoie. Pour le débuter, Ludovic Mevel chargé de recherches au CNRS à la Maison de l'archéologie et de l'ethnologie à Nanterre, évoquera la Préhistoire en Savoie. "

Voici un résumé de son intervention :

Le Paléolithique correspond à près de 99% de l’histoire humaine, amorcée il y a plus de 3 millions d’années en Afrique de l’Est. En zone Alpine, les premiers peuplements humains sont datés autour de 50 000 avant J.-C. et sont le fait de l’Homme de Neandertal. Cette première étape du peuplement correspond à un moment de réchauffement climatique important ayant permis à ces populations de s’installer et d’exploiter ces territoires. Mais le retour à des conditions glaciaires autour de 25 000 ans avant J.C. contraint les populations humaines (homo sapiens sapiens) à déserter de nouveau ces territoires. Vers 14 000 ans avant J.-C. des groupes humains viennent recoloniser les Alpes, cette fois de manière durable.
Cette conférence propose de dresser un panorama des peuplements humains à partir des données archéologiques provenant des deux Savoie et des territoires limitrophes et de s’attarder sur les résultats des fouilles archéologiques menées depuis 10 ans à l’abri des Douattes (Musièges, Haute-Savoie). Ce gisement permet d’illustrer l’évolution des modes de vies des dernières sociétés du Paléolithique, entre 12 500 et 11 000 ans avant J-.C.

Entrée libre et gratuite.

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 08:00

  Des Favergiens, sauveteurs de l'ombre

Rodolphe et Ruth Moos sont nés en Allemagne et se sont établis à Annecy en 1938, avec leurs fils Robert et Henri, venant de Sarrebruck pour s'éloigner le plus possible d'un nazisme conquérant.

A Annecy, Rodolphe Moos avait gardé l'appui de la cellule de résistance de l'avenue de la Plaine chez Léon Hérisson, où il avait milité.

Des autorités bienveillantes refusant le système de répression nazie et vichyssoise avaient averti la famille qu'ils ne seront plus en sécurité à Annecy et qu'ils devaient fuir immédiatement.

Le 9 septembre 1943, les parents Moos et leurs enfants Robert, Henri et Éveline, quittent leur villa d'Annecy pour une planque louée à Faverges à l'Hôtel de Genève.

« Le couple d'hôtelier était assez courtois au début mais petit à petit semblait souffrir de notre présence, évidemment plus dangereuse peut-être pour eux, qu'ils ne pouvaient le supposer au départ. Un jour, nous l'avons appris par la suite, le patron s'est rendu à Annecy à la Kommandantur pour nous dénoncer. Le résultat ne s'est pas fait attendre et deux ''gestapistes'' se sont rendus à Faverges. » (témoignage de Robert Moss)

En janvier 1944, Marius Bachet est adjudant de gendarmerie à Faverges. En temps que chef de brigade, il fait aussi partie de la Résistance. Il reçoit dans son établissement la visite de la Gestapo qui vient dans la commune pour arrêter la famille Moos, dénoncée sous torture par un jeune juif arrêté par la Milice française et remis aux autorités allemandes.

Marius Bachet retarde les officiers en leur offrant à boire, permettant ainsi à l'un de ses hommes d'aller avertir la famille Moos hébergée clandestinement à l'hôtel de Genève, qui peut ainsi s'enfuir du lieu.

Tandis que M. Rodolphe Moos parvient à s'échapper, Mme Ruth Moos arrive à l'hôtel et découvre les voitures allemandes. Elle comprend rapidement la situation au désordre laissé par son mari dans la chambre. À l'aide d'un subterfuge, elle se fait passer pour une employée et parvient ainsi à fuir avec sa petite Éveline de 4 ½ mois.

Hôtel de Genève devant l'Hôtel de Ville
Hôtel de Genève devant l'Hôtel de Ville

Marius Bachet retarde les officiers en leur offrant à boire, permettant ainsi à l'un de ses hommes d'aller avertir la famille Moos hébergée clandestinement à l'hôtel de Genève, qui peut ainsi s'enfuir du lieu.

Tandis que M. Rodolphe Moos parvient à s'échapper, Mme Ruth Moos arrive à l'hôtel et découvre les voitures allemandes. Elle comprend rapidement la situation au désordre laissé par son mari dans la chambre. À l'aide d'un subterfuge, elle se fait passer pour une employée et parvient ainsi à fuir avec sa petite Éveline de 4 ½ mois.

Marius Bachet retarde les officiers en leur offrant à boire, permettant ainsi à l'un de ses hommes d'aller avertir la famille Moos hébergée clandestinement à l'hôtel de Genève, qui peut ainsi s'enfuir du lieu.

Tandis que M. Rodolphe Moos parvient à s'échapper, Mme Ruth Moos arrive à l'hôtel et découvre les voitures allemandes. Elle comprend rapidement la situation au désordre laissé par son mari dans la chambre. À l'aide d'un subterfuge, elle se fait passer pour une employée et parvient ainsi à fuir avec sa petite Éveline de 4 ½ mois.

Des Favergiens, sauveteurs de l'ombre

Elles vont se réfugier dans la cave du charcutier Pierre Chiariglione (photo).

LIPZIG Henri Cordonnier
LIPZIG Henri Cordonnier

« Ensuite, ils vont chez le cordonnier Henri Lipzig (photo) qui les cache dans une bergerie sur la hauteur et à proximité de Faverges. M. Lipzig leur apporte le ravitaillement. C'était difficile, il fallait monter et piétiner dans la neige. » (témoignage de Robert Moss)

Jean CARQUEX "sauveteur de l'ombre" favergien
Jean CARQUEX "sauveteur de l'ombre" favergien

Quant à l'enfant Robert (dont les papiers avaient été établis au nom de Robert Morel), il se trouve que le jour de la visite de la Gestapo à Faverges, il était à Annecy pour raisons scolaires ; il n'est rentré à Faverges que dans l'après-midi par le car.

« Un monsieur que je connaissais un peu de vue, l'ayant aperçu avec mon père, m'attendait à la descente du car et m'a emmené sans tambours ni trompettes sur une colline dominant Faverges (NDLR : sans doute au château), chez le Directeur de l'usine textile, M. Scheller. Ce monsieur qui m'attendait était l'électricien du bourg, M. Jean Carquex (photo) qui, j'allais l'apprendre quelques décades plus tard, était capitaine de réserve et un des officiers (NDLR : ''capitaine Millau'') qui allait recevoir la reddition de la garnison allemande d'Annecy devant les maquisards, le 19 août 1944 ... Il avait précédemment amené mon frère Henri, âgé de 7 ans, qui était caché chez les religieuses s'occupant d'enfants (NDLR : les Soeurs de la garderie de la rue de la Fontaine)… Deux heures environ après mon arrivée chez ces braves gens, une ambulance de la Croix Rouge Suisse avec deux dames est venue me chercher pour m'emmener, petit bourgeois de 9 ½ ans, dans l'Orphelinat du Château des Avenières à Cruseilles. J'avais été accepté pour un maximum de 8 jours grâce à la recommandation du directeur de l'usine Stünzi. » (témoignage de Robert Moss)

La réunion de la famille s'effectue enfin.

« Enfin, Mme Caillat, la sage-femme de maman, probablement en coordination et l'appui du Dr Jacob de Duingt, prit le risque de venir chercher papa en ambulance.

Elle possédait un permis de circuler. Elle a installé et déguisé papa en femme en veille d'accouchement, installé ce dernier sur un brancard. Enfin, ils prirent la route de la Roche-sur-Foron. » (témoignage de Robert Moss)

© Copyright août 2014 CPCGF © Copyright juin 2015 CPCGF

phila.faverges74 AT wanadoo.fr

Autre blog à consulter : http://pajani.bernard.over-blog.com

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Sources : Rencontres, communications et courriers avec Henri Moos.

''Les sauveteurs de l'Ombre'', Michel Germain et Robert Moos, Édition La Fontaine de Siloé - 2011. Le livre est disponible auprès de la bibliothèque du CPCGF.

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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 07:00

Histoire de la Savoie

Préhistoire (-50 000 ans à - 2500 ans)

Dans une grotte d'Onnion (Haute-Savoie), l'homme de Néandertal a laissé des outils de silex et des ossements de bouquetins datant d'environ 50 000 ans ... (Histoire de la Savoie).

Protohistoire (- 2500 ans à 0)

Du cuivre apparaît vers 2500 av. J.-C. sous forme de quelques haches plates lors de découvertes fortuites (Sevrier, Faverges, Saint-Pierre-d'Albigny ...).

Antiquité romaine (0 à 434)

La romanisation de la Savoie débute réellement vers - 6/-4 lorsque l'ensemble des vallées sont conquises et contrôlées ...

La Savoie romaine se perpétue jusqu'aux IIIe siècle/Ve siècle, lorsque les peuples germains, les « Barbares », tentent leurs premières incursions, comme les Alamans, sur le territoire et l'installation définitive des Burgondes par le général Aetius vers 434.

 

En 443, la Sapaudia est concédée aux Burgondes.

Période transitoire (443 à 1003) Le Royaume burgonde dans la 2e moitié du Ve siècle

« Sapaudia Burgundionum reliquiis datur cum indigenis dividenda ce qui est traduit par : La Sapaudia est donnée à ce qui reste des Burgondes pour être partagée avec les indigènes » In Chronica Gallica ad 452, éd. Th. Mommsen, dans les Monumenta Germaniae historica, Auctorum antiquissimorum, t. IX, p. 660.

Comté de Savoie (XIIe s. à 1416)

Le titre de comte de Savoie est transmis, depuis le XIIe siècle, de façon héréditaire, de mâle en mâle et par ordre de primogéniture, au sein de la maison de Savoie, respectant ainsi la loi salique qui exclut les femmes

Duché de Savoie (1416 à 1713)

Le 19 février 1416, l'empereur Sigismond Ier érige le comté de Savoie en duché de Savoie, lui offrant une autonomie politique sans précédent. Les successeurs d'Amédée VIII de Savoie (cf les comtes et ducs de Savoie) portent désormais le titre de duc jusqu'à ce qu'ils deviennent rois de Sicile, puis de Sardaigne au début du XVIIIe siècle. Cette date du 19 février reste marquée comme la fête « nationale » savoyarde.

Royaume de Sardaigne (1713 à 1792)

En 1713, Victor-Amédée II reçoit la couronne de Sicile qu’il échange avec la Sardaigne.

La Savoie française (1792 à 1815)

En 1792, une Assemblée nationale des Allobroges réunie à Chambéry demande la réunion de la Savoie à la France.

Buon governo et Risorgimento (1815 à 1860)

En juin 1815 à la suite du traité de Paris de 1815, Victor Emmanuel Ier, frère de Charles-Emmanuel IV rentre de son exil de Cagliari et récupère le Piémont et la Savoie mais doit donner la province de Carouge au canton de Genève (Traité de Turin du 16 mars 1816).

L’Annexion de la Savoie (1860)

Avec le Risorgimento, les populations de la Savoie, surtout les élites, développent l’idée que leurs souverains abandonnent le berceau de leur famille en favorisant le versant piémontais et l’Italie.

Le 24 mars 1860, le Traité de Turin est signé, et la Savoie se trouve désormais "rattachée" à la France.

Le 1er avril, le roi délie ses sujets savoyards de leur serment de fidélité (renonciation royale).

Un vote a lieu les 22/23 avril 1860.

Le 29 avril, la Cour d’Appel de Chambéry proclame les résultats :

- 135 449 inscrits

- 130 839 votants

- 130 523 votes favorables au Rattachement

- 235 votent NON au Rattachement.

 

(Origine des informations : WIKIPEDIA) (Tous les liens mènent au site de référence)

© Bernard Pajani

Plus d'infos sur l'Histoire locale sur le blog du président du CPCGF

http://www.pajani.bernard.over-blog.com

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 06:16

Maurice Châtelain, notaire et botaniste favergien

Samedi 14 mars 1914

Faverges.- Nécrologie

Vendredi, après-midi, la population de Faverges et des environs a fait d'imposantes funérailles à M. Maurice Chatelain, notaire honoraire, ancien adjoint au maire de Faverges.

Les coins du poêle étaient tenus par MM. Savioz Ernest, ingénieur ; Moret, notaire ; Bruxelles Claude, ancien maire de Faverges, et Cartier Claude-François. Dans l'assistance, on remarquait : MM. Comte, conseiller à la cour d'appel de Chambéry ; Raginel et Rosay, notaires à Annecy ; Duparc, Marchand, avoués à Annecy ; Francoz, ancien sénateur ; Serand, chef de bureau à la préfecture ; Miquet, président de l'Académie Florimontane ; Eyriès, maire de Faverges ; Dubois, adjoint ; la plupart des conseillers municipaux ; la commission administrative du bureau de bienfaisance, dont le défunt faisait partie ; la Fanfare, la Compagnie des sapeurs-pompiers, la Société de secours mutuel dont il était le président, etc...

Au cimetière, quatre discours ont été prononcés.

M. Raginel, notaire à Annecy, a parlé au nom des notaires de l'arrondissement d'Annecy. Excusant M. Dérobert, notaire à Rumilly, président, il a adressé un adieu ému à M. Chatelain, au nom de tous ses anciens collègues.

M. Miquet, président de l'académie Florimontane, a parlé au nom de cette association :

« Mesdames, Messieurs,

Au nom de l'académie Florimontane, dont M. Maurice Chatelain faisait partie depuis 35 ans, je viens adresser l'adieu suprême à cet excellent collègue.

La ville de Faverges, où s'ouvre aujourd'hui sa tombe, a également porté son berceau. Toute la vie de cet homme de bien s'est écoulée dans ce pays qu'il aimait tant. Vous l'avez connu aussi bien, sinon mieux que moi : ce n'est pas à vous que j'ai besoin d'apprendre la scrupuleuse probité de l'officier ministériel, sa délicatesse et la bonté de son cœur. Permettez-moi seulement de vous signaler simplement quelques particularités de cette existence utile, que l'extrême modestie de notre ami a pu vous laisser ignorer.

Dès sa jeunesse, un vif sentiment des beautés de la nature avait fait de M. Chatelain un fervent botaniste. Il avait parcouru dans tous les sens cette admirable région pour en étudier la flore, et il avait constitué un bel herbier dont il fit hommage au musée d'Annecy.

Ses connaissances étendues lui avaient permis d'approfondir l'étude des mousses, et dans ce domaine qui paraît restreint, il avait fait d'heureuses découvertes.

1987 Maurice Chatelain botaniste favergien

La revue savoisienne de 1901 contient un aperçu de ces travaux sur la flore de Faverges.Voir le Fichier : Flore_de_Maurice_CHATELAIN_Botaniste_Favergien.pdf  [Ce fichier ne sera disponible que pendant 1 mois]

Il serait à désirer qu'on trouvât, dans chaque canton, des hommes de bonne volonté pour inventorier avec le même soin les richesses naturelles qui s'y rencontrent. C'est ainsi qu'on pourrait recueillir les éléments précis d'une flore générale de notre pays.

Mais les hommes de bonne volonté comme M. Chatelain sont rares. Aussi ne saurait-on trop déplorer leur perte.

Ami Chatelain, tous ceux qui vous ont connus, conserveront de vous le meilleur souvenir. Quant à moi, qui, depuis 30 ans, vous aimais d'une affection sincère, c'est avec le cœur serré que je vous dis : au revoir ! »

M. Eyriès, maire, a rappelé la carrière de travail et d'honneur de M. Chatelain qui fut conseiller municipal, adjoint au maire, membre du bureau de bienfaisance, suppléant du juge de paix, délégué cantonal, président de la Société de secours mutuels.

M. Portier a salué, au nom de la Société Philanthropique, M. Chatelain qui en fut le président depuis 1905 et qui laisse la société en pleine prospérité.

Nous renouvelons à Mme Chatelain, à ses enfants et à la famille, nos condoléances très sincères. (Indicateur de la Savoie_PER59-23_1914-03-14)

Faverges.- Funérailles de M. M. Chatelain

Dans notre précédent numéro, nous avons annoncé brièvement la mort, à Faverges de M. Maurice Chatelain, notaire honoraire, ancien adjoint au maire de Faverges.

CHATELAIN Maurice RS 1879 FloreNous devons aujourd'hui apporter notre hommage à cet homme de bien qui fut mêlé si intimement au mouvement républicain, depuis une quarantaine d'années. M. Chatelain fut un républicain de la première heure et si, ces dernières années, il n'était plus pleinement d'accord avec ses vieux amis, on ne saurait oublier les luttes qu'il poursuivit sans cesse contre la réaction dans le canton de Faverges. Il fut à un moment donné candidat au conseil général contre le comte de Villette, qu'il ne réussit pas à vaincre, mais sa défaite fut très honorable.

Ses obsèques ont donné lieu à Faverges à une imposante manifestation de sympathie. Une très nombreuse assistance suivait le cercueil... …

M. Eyriès, maire de Faverges, a ensuite prononcé le discours suivant :

« Monsieur Maurice Chatelain, notaire honoraire à Faverges,

C'est avec un douloureux serrement de cœur que je viens au bord de cette tombe, avant qu'elle ne se referme à jamais, vous saluer une dernière fois, et vous adresser au nom de la municipalité et au mien l'expression émue du profond chagrin que nous cause votre soudaine disparition.

Après une existence tout entière consacrée au bonheur de votre famille, au travail, à l'honneur, vous aspiriez après un repos bien mérité, quand la mort est venue brutalement vous enlever à l'affection de vos chers aimés, et à celle de vos amis, venus si nombreux vous témoigner par leur présence, mieux que je ne saurais le dire, l'étendue de la douleur que nous ressentons tous.

Conseiller municipal de 1884 à 1888 et de 1904 à 1912, adjoint au maire de 1884 à 1888 et de 1908 à 1912, membre du bureau de bienfaisance sans interruption depuis 1883, suppléant du juge de paix, délégué cantonal, président de la Société de secours mutuel depuis 1905, et enfin, suprême satisfaction légitimement ambitionnée, vous avez obtenu le titre de notaire honoraire, qui était la juste récompense d'une profession honorable entre toutes, et que vous avez si honorablement remplie pendant plus de 30 ans, comme successeur de votre père regretté.

Dans un autre ordre d'idées, je ne saurais oublier que dans toutes les circonstances où votre concours nous était dû, par suite de vos multiples fonctions honorifiques, ce n'a jamais été en vain que nous avons fait appel à votre expérience des affaires, rendue plus précieuse encore par un profond savoir et un jugement sûr. Vos conseils étaient toujours inspirés par un sentiment de loyauté, d'affectueuse sympathie, d'exquise courtoisie.

Je conserverai longtemps un fidèle souvenir de notre dernier entretien, tout récent encore, par lequel vous me manifestiez votre profond désir de voir aboutir, sans délai, une question fort embarrassante pour l'avenir de Faverges et je me sentais heureux d'avoir à mes côtés un conseiller, ami clairvoyant, aussi convaincu.- Hélas ! La mort stupide est venue tout à coup briser cette existence qui m'était chère.

Puisse notre profond chagrin apporter quelque adoucissement à l'immense douleur de Mme Chatelain et de vos enfants éplorés.

Quant à nous, nous ne vous oublierons pas ; votre cher souvenir restera gravé dans nos mémoires et dans nos cœurs, comme étant synonyme d'un ami sincère, d'un cœur droit, d'un honnête homme dans la plus pure acception du mot.

Reposez en paix, M. Chatelain, adieu ! »

 

CHATELAIN Maurice GénéalogieM. Portier a pris le dernier la parole au nom de la Société philharmonique dont le défunt était le président actif et dévoué :

« M. Chatelain, président de la Société de secours mutuels de Faverges,

J'ai le douloureux devoir, en qualité de vice-président, de venir apporter au bord de cette tombe si prématurément ouverte le suprême et dernier adieu à notre cher et vénéré président de la Société de secours mutuels, M. Maurice Chatelain, notaire honoraire à Faverges.

J'ai la conviction absolue d'être l'interprète fidèle de tous les membres de notre société en disant combien grand est notre chagrin et combien son souvenir restera fidèlement gravé dans nos cœurs.

Nous n'oublierons jamais que vous avez été depuis le début de notre société un mutualiste sincère, et que depuis que votre dévouement à notre cause vous ont désigné pour la présidence, une ère nouvelle de prospérité a été pour nous la plus réconfortante satisfaction et le meilleur encouragement.

Vous laissez la société en pleine prospérité et vos conseils que vous nous avez si souvent prodigués seront notre meilleur réconfort et le meilleur moyen d'honorer votre mémoire vénérée.

Puisse notre sincère chagrin apporter quelque adoucissement à la profonde douleur de votre famille éplorée.

Nous conserverons toujours de notre cher et vénéré président le plus sincère, le plus affectueux souvenir.

Monsieur Chatelain, adieu ! »

Les assistants, profondément impressionnés, se sont séparés sur ces derniers mots.

Nous renouvelons à Mme Chatelain, à ses enfants, à la famille, nos respectueuses et sincères condoléances. (Le Républicain Savoyard_PER294-17_1914-03-14)

1987 Expo champignon Flamme

Maurice Châtelain était aussi membre de la Société botanique de France fondée en 1856 et reconnue comme établissement d'utilité publique par décret du 17 août 1875.

 

Une famille de notaires favergiens

 

Signature de Maurice CHATELAIN, notaire royal, notaire public, notaire national et public, de1792 à 1837.

Not CHATELAIN M 2E6688 Signature

Signature de François Victor CHATELAIN, notaire royal de 1838 à 1846.

Not CHATELAIN Fs-V 2E6727 0008

Signature de Jacques Maurice CHATELAIN, notaire royal de 1837 à 1881.

Not CHATELAIN Jq-M 2E6735 Pacte BOURGEOIS-SONNERAT 0002

Signature de Jean Baptiste Charles Maurice CHATELAIN, notaire de 1882 à 1905. Il signe C. M. CHATELAIN mais se fait appeler Maurice CHATELAIN. Il est Membre de l'Académie Florimontane durant 35 ans, de 1879 à 1914.

Not CHATELAIN J-B-C-M 2E13859 0003

Signature de Charles Maurice CHATELAIN, notaire de 1903 à 1911.

Not CHATELAIN C-M 1903 SignatureCopyright Bernard Pajani  ©

Président du CPCGF - Historien local

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 10:00
Duel d'historiens locaux au sujet du nom "Glière"

Duel d'historiens locaux au sujet du nom "Glière"

Additif au 26 mars 2015 :

Un article paru dans la presse locale prétend rétablir une "certaine vérité", celle du prétentieux personnage qui est à l'origine de l'erreur des "TROIS NOMS" du torrent de St-Ruph / Eau morte.

Cet individu appelle à la rescousse les deux historiens savoyards cités ci-dessous dans la note n°1, Claude Aimé Constantin (érudit philologue) et Joseph Désormaux (tous deux rédacteurs d'un dictionnaire de patois savoyard), qui ont écrit en 1902 que la Glière s'apparente à un "terrain rocailleux et sablonneux", démontrant ainsi l'exactitude de la teneur de mes propos.

"Peu lui en chaut", prétend-il, de mes propos !

Qu'il lui en chaille si peu, me sied totalement ! On ne peut pas être à la fois "buzzeur" et historien, il faut choisir entre la truelle et le crayon !

Atteindre un tel niveau d'incompétence, argumentant en contradiction avec ses assertions, dénote d'une "réflexion limitée" - tel que le dénonçait M. le Maire de Faverges.

« Quelquefois, comme à Faverges, la rivière elle-même, probabl. parce qu'elle couvre ses bords de cailloux et de sable. » écrivaient Constantin – Désormaux. À l'évidence, ils ne ''maîtrisaient pas leur sujet'' quand ils reprennent le parler local qui s'exprime ainsi : '' Mon père est né à la Glière'' (s'agissait-il de la rivière?), ou bien ''Nous avons rendez-vous à la Glière pour une partie de boules !'' (est-il question du cours d'eau?). Seul, un fin connaisseur de l'histoire locale peut démêler le vrai du faux ! Certainement pas celui qui maîtrise si peu la langue française en ne sachant pas comment dire en français 70 et 90. Comment pourrait-il analyser les écrits des historiens ?

Moralités :

''Il faut se méfier des faux-semblants, des catalogues de mots et des "on-dit" !

"Il est plus facile de désintégrer un atome que de briser un préjugé !" (Einstein)

 Restauration fonctionnelle de la plaine de Mercier

Le Saint-Ruph, torrent qui débute son cours sur la commune de Seythenex, poursuit son cours dans la plaine de Faverges en devenant l'Eau Morte avant de se jeter dans le lac d'Annecy.

Le cours d'eau a un impact très important sur la commune de Faverges en raison de ses nombreux débordements dans les siècles passés qui ont laissé des traces géologiques et imposé la construction d'une digue imposante en 1785 (le plan se trouve en mairie de Faverges).

Le plan de gestion mis en place diminuera le risque d'inondation par une gestion approprié des matériaux (galets, graviers et sables ...) transportés par la rivière tout en éliminant les obstacles piscicoles et en améliorant les milieux naturels traversés.

Ce programme ambitieux et d'utilité publique a fait l'objet de nombreuses démarches et autorisations administratives. Un avis favorable a été donné par le conseil national de la protection de la nature (CNPN) du Ministère de l'environnement. Le calendrier des travaux est adapté pour éviter des nuisances aux espèces animales et végétales, terrestres ou aquatiques, en respectant les périodes de nidification et de couvaison, par exemple.

Un projet mûrement réfléchi, adapté à l'environnement local

La première phase de « renaturation » du Saint-Ruph / Eau morte vient de débuter par des interventions sur la plaine de Mercier pour réguler l'impact des matériaux charriés avec un bénéfice à la fois sur l'amont et l'aval.

Eau-morte-et-sa-gliere-a-Mercier.JPGLes travaux en cours permettront d'élargir et remonter le lit de la rivière sur 400 mètres en amont du pont. Des terrassements favoriseront la création de méandres et amélioreront l'état des berges et de la végétation. Les arbres et arbustes envahissants seront sélectionnés, les indésirables et les plantes invasives enlevés. Les espèces intéressantes, adaptées au climat local, seront conservées, transplantées ou mises en boutures pour revégétaliser le site en fin de chantier.

Effets attendus

Eau-morte-et-sa-gliere-a-Favergettes.JPGL'aménagement de la plaine de Mercier va réguler les flux de matériaux.

En amont, il sera possible d'améliorer le transport naturel des matériaux. Dans une deuxième phase, la modification de la pente du Saint-Ruph dans la traversée de Faverges diminuera le risque d'inondation.

En aval, le but est de déboucher le cours d'eau à l'entrée du marais de Giez et favoriser les crues dans le marais plutôt que dans les zones agricoles et au niveau du Golf (troisième tranche).

Par la suite, la restauration sera suivie par une phase de gestion pour contrôler et évaluer l'évolution du lit de la rivière, de ses berges et la qualité des milieux naturels.

Ci-dessous, l'article précédent comportant un abus de langage

que les agents techniques des collectivités auraient pu éviter

en se référant à des professionnels tels que les géologues et les géographes

dont le métier consiste à dénommer les éléments par des noms bien définis.

La France ne possède qu'une langue officielle, le français, parlé et enseigné sur tout le territoire. Sa toponymie est le reflet d'une histoire riche en apports successifs qui ont chacun contribué à lui donner un aspect très varié suivant la région considérée.

Un document, finalisé en juillet 2013 de la Communauté de Communes du Pays de Faverges "Dossier d'enquête préalable à la déclaration d'utilité publique", déclare que le ruisseau qui descend du vallon de Saint-Ruph et qui porte le même nom ''Le Saint-Ruph'' s'appellerait en traversant Faverges ''la Glière'' puis, au-delà ''l'Eau morte'', lui conférant ainsi trois noms différents, tel qu'il est prétendu sur le plan ci-dessous extrait de l'étude.

(téléchargeable ici :  Voir le Fichier : Saint-Ruph_0-2.pdf)

Mention erronée du St Ruph-Glière-Eau MorteCette dénomination nouvelle du torrent du Saint-Ruph a-t-elle un fondement réel ?

Sur quels éléments est-elle fondée ?

La Glière est-elle le lieu sur lequel se sont déversés les cailloux et rocailles charriés par le torrent lui-même ?

Ou bien est-ce le nom du torrent lui-même ?

Que disent nos anciens, nos géographes, nos auteurs savoyards ?

La Glière est une terre sablonneuse et rocailleuse

Le mot ''Glière'' appartient au français local 1 et obéit aux règles de l'orthographe française.

Une ''glière'' (au singulier) est un terrain rocailleux et sablonneux.

En patois, il se dit ''glire'', auquel correspond le vieux français ''glaire'', au sens de terre graveleuse, c'est une dénomination rurale, qui s'applique toujours à des terrains rocailleux et sablonneux, avoisinant le plus souvent, mais non nécessairement, un cours d'eau... L'étymologie latine ''glarea, glaria'' (gros sable, gravier) est donc bien confirmée.

''Glières'' ou ''glaires'' (au pluriel) désignent une étendue de cailloux ou de graviers. Le pluriel ne s'impose pas 2. D'autres auteurs l'écrivent encore dans un ouvrage récent, ils sont également du même avis 3, et confirment cette signification, en parlant de "terres à graviers".

Selon le dictionnaire des noms de lieux en France de l'IGN 4, on trouve les significations suivantes, se rapportant à un terrain sablonneux et rocailleux :

Giaira, terrain couvert de cailloux roulés, de gravier - Briançonnais.

Glaire, nf : gravier - ancien français.

Glère, nf : gravier – Béarn ; gléralh - ancien béarnais. Var. : glarè.

Glière, terrain graveleux - Thônes. Variations dialectales : dyeri, dyero- Jura, ghieron, glairo - Provence, glare, glarier, glère - Béarn, glero, gloies - Savoie, glire, léra - Suisse, liro - Savoie.

Gliré, liré, terrain recouvert de pierres et de gravier à la suite des crues - Savoie.

La ''Glière'' de Faverges (que l'on prononce localement ''glaire'') est donc bien un lieu très caractéristique : le lieu sur lequel s'étale le torrent de Saint-Ruph, situé entre le sommet de la source du Biel, sous la Curiale et le hameau de Favergettes où le lit se rétrécit à nouveau.

Pour autant, ce n'est nullement le nom de la rivière elle-même.

Ceci est encore confirmé par l'historien et professeur émérite de l'Université à Genève, Paul Guichonnet, qui écrit "La glière désigne le banc de graviers sur la rive d'un torrent", dans l'un de ses articles sur "L'histoire savoyarde" de l'hebdomadaire l'Essor Savoyard du 4 septembre 1997.

En dernier lieu, on se réfèrera avantageusement à l'institut de Géographie alpine dont fait partie Mlle Crouzet du Centre géodynamique de Thonon qui a classé tous les affluents du lac d'Annecy en 1966-1967 :"L'eau-Morte gagne Faverges à 551m d'altitude" (Ed. Le Cristal Albigny, Annecy - 1987)

En réalité, cette dénomination erronée n'est due qu'à la prétention déraisonnée d'un personnage "à l'égo-surdimensionné et à la réflexion limitée".

En voici encore des preuves manifestement proches géographiquement.

Sur le canton de Faverges

Sur notre canton de Faverges, d'autres lieux sont également dénommés ''Glière'', au singulier. 

À Saint-Ferréol,

Clos-de-la-Gliere--4-.JPGau bout de Champ Canon, se situe le ''Bois de la Glière'', et "Le Clos de la Glière", le long du torrent de la Chaise ; la rue qui mène au chemin du Rosay, au-delà du torrent se dénomme ''la rue de la Glière''. Dans cette commune, le mot se prononce tel qu'il s'écrit.

Bois de la Glière à Saint-FerréolHameau-de-Gliere--entree_Doussard.JPGÀ Doussard,

à droite de l'embouchure de l'Eau morte, là où le ruisseau a déversé ses derniers sables avant de plonger dans le Lac, se situent des lieux qui portent le terme, soit "Glière", "Glière dessus" et "Glière dessous", ainsi que les "Marais de Glière", et le hameau de Glière, au bord du lac d'Annecy.

Glière à Doussard

À Marlens,

Il existe un secteur appelé la Glière de Thermesay qui entoure la rue de la Glière, indiquant jusqu'où s'étendait le torrent de la Chaise avant sa canalisation, soit le long de la route nationale N508 devenue la RD1508.

La-Gliere-du-Thermesay-de-Marlens.jpg

À Faverges,

une carte postale du début du XXe siècle montre le lieu de la Glière, constitué de graviers apportés par le torrent au-dessus duquel a été construite une passerelle en bois pour rejoindre le hameau du Lachat.

La Glière du Saint-Ruph Sur le plan cadastral, on peut déterminer que la largeur du lit du torrent dépasse la dizaine de mètres, dénotant d'un lenteur importante du torrent à cet endroit due à un dénivelé faible, rendant celui-ci incapable d'emporter plus loin les cailloux et graviers qu'il charriait plus en amont.

Lieu à FavergesQuelques anciens Favergiens prétendent qu'ils sont nés, où que leurs parents sont nés, ''à la Glière'', ce qui signifie bien qu'ils assimilent le mot à un lieu et non pas au torrent lui-même. Or, ce lieu ne comportait qu'une bâtisse, l'usine électrique Cartier, mais aucune maison d'habitation, rendant ainsi leurs dires erronés. L'explication est donnée par les registres d'état civil qui mentionnent qu'ils sont nés ''Avenue de la Fontaine'' 5, soit dans la rue qui mène à la Glière précisément, la Fontaine étant l'un des noms anciens du Biel qui traverse Faverges, et qui a donné son nom au Lycée à la suite de l'École ménagère, située dans la même rue.

Prétendre que notre commune de Faverges aurait une particularité d'être la seule commune en France qui aurait un torrent ou ruisseau portant trois noms différents, relève d'une particularité caractéristique non fondée sur la réalité.

Il s'agit d'une erreur d'étymologie provenant d'une méconnaissance de la langue française et du patois savoyard, d'une erreur d'analyse due à une méconnaissance de la géographie locale.

Cette prétention n'a donc aucun fondement.

Le torrent de Saint-Ruph ne s'appelle pas ''la Glière'', ne s'est jamais appelé ''la Glière'', en aucun lieu de son cours.

Le torrent de Saint-Ruph porte ce nom depuis sa source dans le vallon de Saint-Ruph jusqu'à la sortie de Faverges. Au-delà de la ville, lorsqu'il devient plus calme et qu'il divague dans la plaine, soit après le hameau de la Balmette, à partir de la plaine de Mercier, il prend le nom de ''L'eau Morte'' jusqu'au lac d'Annecy.

Suite de l'article à la date du 8 mars 2014 :

Voilà encore un exemple découvert dans "l'Industriel Savoisien" du 14 mars 1914 - encore aurait-il fallu que la personne qui a prétendu cette contre-vérité et la faite inscrire dans le document de la Com.com l'eût lu - et où nos anciens décrivent les dégats occasionnés par le mauvais temps qui a sévi pendant quelques jours dans la région, avec une violence rare : ''Une pluie diluvienne qu'accompagnait un vent très fort, soufflant en tempête, est venue enfler nos cours d'eau, qui sont sortis de leur lit."

Industriel Savoisien PER58-2 1914-03-14 Saint RuphL'auteur de l'article donne le nom de ''torrent de Saint-Ruph'' à la rivière qui descend de Tamié et de Saint-Ruph et qui, "grossi sous le village de Mercier des sources des marais, a couvert, au pont Carrier, la route départementale sur une longueur de 300 mètres et une hauteur de 1 mètre d'eau."

Il ajoute une précision qui différencie bien les deux lieux du torrent, celui où il est impétueux de celui où il est plus calme : "Plus loin, le même torrent, devenu l'Eau Morte, grossi encore, et de nouveau des sources des marais et des torrents de Giez, a couvert encore une fois la même route, au Pont Rouge, sur une longueur de 400 mètres et une hauteur de 0,60 m d'eau. Tous les terrains en amont forment un lac."

Il ne faisait donc aucun doute pour nos anciens : le torrent qui dévale le val de Tamié et le vallon de Saint-Ruph s'appelle bien "Torrent de Saint-Ruph" jusqu'à ce qu'il devienne plus calme et prenne le nom de "l'Eau-Morte", en amont de Faverges à une altitude de 551 m selon les services de géographie alpine de Thonon-les-Bains, sans jamais prendre le nom des gravières qui le bordent.

Additif :

Voici un document officiel de la délibération du 29 août 1833, du Conseil municipal de Faverges concernant les problèmes d'inondations dues au torrent et qui démontre d'une façon irréfutable la qualité de cette glière, dans l'expression citée :

 

Le-lit-de-la-Gliere-du-torrent-de-Saint-Ruph-a-Faverges.jpg

"le lit de la glière du torrent de Saint-Ruf".

En effet, la commune doit résoudre le problème d'élévation de cette glière qui a atteint le niveau du sommet de la digue de protection de la ville, risquant d'entraîner l'inondation des rues du bourg.

Nos anciens ne se trompaient pas en considérant la "glière" comme "la partie du torrent qui s'élève en fonction des dépôts successifs des matériaux charriés par l'eau du Saint-Ruph." En aucun cas, ils n'utilisaient ce mot de "glière" comme le nom de la rivière, mais bien comme le lieu des dépôts de sables, graviers et galets dont l'élévation risquait d'entraîner l'inondation de la ville, et qu'ils surveillaient donc particulièrement.

Additif du 1er février 2015

Une simple recherche (par un esprit curieux !) aurait permis de trouver le magnifique lac asséché du massif de la Vanoise qui porte le nom de "Lac de la Glière". Après avoir été comblé par les nombreux alluvions de graviers charriés par le torrent qui dévale du glacier de l'Epena, il n'est plus qu'une vaste étendue de ces galets, graviers et sables. [http://www.eskapad.info/pdf/Ran73_017.pdf ]

  Lac-de-la-Gliere-dans-le-Massif-de-la-Vanoise.jpg

Nous voilà en présence d'une évolution typique d'une erreur de dénomination qui s'est pérennisée par une pratique coutumière mais, reprise dans un document officiel 6, elle aurait pu être évitée avec un minimum de réflexion.

Corriger les documents demanderait d'intervenir sur les 301 pages des rapports dont les titres sont erronés et les 184 mentions renouvelées sur les dites pages.


1 Le Dictionnaire savoyard, de A. Constantin et J. Désormaux, publié en 1902

2 Jean-Yves Mariotte, dans l'Histoire des communes savoyardes, tome III

3 Hubert Besset et Claudette Germi, in ''Les Mots de la montagne autour du Mont-Blanc''

4 André Pégorier, ingénieur en chef Géographe, Glossaire des termes dialectaux - 2006

5 Roland Tranchant est né le 3 décembre 1940, à 16 heures, avenue de la Fontaine, et non ''à la Glière'' selon les affirmations familiales.

6 L'affirmation (la CCPF indique qu'elle serait due à un certain Michel Duret) selon laquelle la rivière qui s'écoule dans Faverges porterait trois noms différents relève d'un manque de connaissance locale. Or, on peut relever dans la revue "La Voix des Allobroges" du 23 août 2012 [http://www.lavoixdesallobroges.org/culture/535-itw-de-michel-pour-la-13e-biennale-du-livre-savoyard] : « Michel Duret est un instituteur retraité qui a durant toute sa carrière enseigné à ses élèves que 70 et 90 se prononcent ici septante et nonante. « J’utilisais aussi beaucoup de mots savoyards, car je ne savais pas comment les dire en français ! », ajoute-t-il. Rien d'étonnant, donc, que soient transmises de telles erreurs, jamais corrigées par nos historiens ! 

Non satisfait d'avoir été dénoncé, en raison de sa qualification de "GRANDE COUILLONNADE" à l'encontre de notre animation présentée au maire de Faverges (en sa présence, comme adjoint au maire !) pour la Commémoration du 150e anniversaire de l'Annexion de la Savoie de 2010, ce Monsieur persiste dans son dénigrement lors de ses propres assemblées générales, alors que son attitude déplorable aurait largement pu faire l'objet d'une radiation pure et simple de notre association.

Copyright Bernard Pajani ©

Président du CPCGF - Historien local

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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 17:46

L'entreprise S.T. Dupont partenaire des écrivains savoyards

Societe-des-Auteurs-Savoyards_-Logo.jpgLors des journées européennes du patrimoine de dimanche 22 septembre, les auteurs de la SAS (société des auteurs savoyards) qui rassemble et encourage cent quarante écrivains étaient présents au Salon du livre, dans le magnifique château de Clermont-en-Genevois, propriété du conseil général de Haute-Savoie. L'association est soutenue par le conseil général et l'assemblée des Pays de Savoie.

Les plumes d'Or et de Vermeil offertes par la S.T. Dupont

Christophe BARBIER Plume d'or 2014Lors de l'inauguration, le président du Conseil général Christian Monteil, le président de la SAS Michel Germain, en présence du maire de la commune, de nombreux élus et des auteurs, ont honoré lors de cette journée de l'écrit deux auteurs qui ont été désignés par leurs pairs. L'entreprise de Faverges, orfèvre en beaux objets, offre un magnifique stylo aux lauréats. Elle récompense ainsi le Prix de plume d'or et de la plume de vermeil. Pour cette année 2014, la plume d'or a été décernée précédemment au journaliste originaire de Haute-Savoie Christophe Barbier et lui avait été remise lors d'une soirée théâtrale à Seynod.

Daniel Grévoz, plume de Vermeil

Daniel Grévoz Plume de Vermeil 2014Le récipiendaire de la plume de Vermeil est guide de haute-montagne, déjà titulaire du grand prix du livre de Montagne et prix d'excellence de l'association Arts et lettres de France. Il a reçu un stylo-plume avec lequel il va sûrement rédiger ses prochains écrits. Ses publications et romans ont pour cadre la montagne où il exerce sa passion, après avoir parcouru le Sahara, son terrain d'inspiration, celui des premiers explorateurs africains.


   Histoire et Patrimoine en pays de Faverges

Bernard PAJANI écrivain savoyardL'association ''Histoire et Patrimoine en Pays de Faverges'' présentait ses divers ouvrages d'histoire locale aux quelque 800 visiteurs de la journée. Son président avait décidé de porter loin l'image de Faverges, après la journée de samedi qu'il avait consacrée au public Favergien dans le hall de l'Office de Tourisme.

Une interview de la part de Patrick Jagou, artisan de l'écriture, sera prochainement programmée sur RTL 2 (103.2) et pourra être écoutée sur Youtube.com dans la rubrique ''Sentiers d'auteurs''. Il est aussi gentleman-farmer et élève des moutons de la race rustique ''Thônes et Marthod''.(ci-dessous, à gauche)

Journée du patrimoine 2014 au château de ClermontN'hésitez pas à le contacter à patrick.jagou@kahunavision.com

Pour se procurer les ouvrages d'Histoire locale, envoyer le bon de commande suivant Voir le Fichier : Bon_de_Commande_des_Editions_du_Pre.pdf

ou rendez-vous dans les grandes surfaces de la commune.

Pour plus d'infos : phila.faverges74@wanadoo.fr

Plus d'infos sur l'Histoire de Faverges : http://pajani.bernard.over-blog.com


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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 07:14

  La vénérable scierie de Lucien cherche un repreneur

Lucien Excoffier est un heureux retraité, passionné. Sous le vieux pont de Seythenex, il possède une ancienne scierie, entraînée par la force hydraulique du Nant du Bard. Il bichonne sa battante construite il y a plus de 120 ans par son grand-père Marie-Elie Excoffier vers 1890. Il était agriculteur et faisait du sciage pendant les journées pluvieuses et en hiver pendant le repos de la nature. Ses voisins disaient de lui « il a de la chance, il gagne des sous quand il fait mauvais temps ! ».

À l'époque, Seythenex possédait deux scieries en état de fonctionnement et le travail était réparti selon la géographie locale, les habitants du Levant faisaient débiter leurs pièces de bois chez Excoffier et ceux du couchant chez Gonthier, de l'autre côté du Nant du Bard, rationalisant ainsi les déplacements. Les tâches étaient confiées sans contrat, une poignée de mains suffisait en disant « Tope-là ! » pour sceller l'accord. L'artisan collectait le montant de son travail à façon au mois de janvier suivant.

DSCN6506À la suite de son père, Lucien a repris la scierie en 1958. Pluriactif, il a travaillé 35 ans dans l'industrie, ayant débuté sa vie professionnelle à 14 ans dans une scierie à Dingy-Saint-Clair. Sa retraite a été très active avec l'exercice de sa passion pour le bois et les rencontres avec ses clients.

La roue qui actionne les machines par le captage du torrent dans une conduite de 150 mètres de longueur a été entièrement restaurée en 2009. Le scieur, ses enfants et des amis ont effectué une superbe réparation. Patiemment, pendant plus d'une année, une équipe de retraités, maçons, menuisiers, mécaniciens ... ont uni leurs compétences et leur bonne humeur. Trois mètres cube de bois et 600 boulons ont été nécessaires aux travaux. Les éléments ont été démontés et remplacés un à un.DSCN6490

Pour inaugurer le bel ouvrage, Lucien et son épouse Louise, entourés de leurs enfants, petits et arrière-petits-enfants, avaient rassemblé et remercié ceux qui les avaient encouragés et aidés.

Depuis, l'outil fonctionne parfaitement et Lucien, avec son humour légendaire, se fait toujours un plaisir de bavarder avec les promeneurs. Au froid en hiver, au frais en été, il déclare travailler par plaisir dans un "centre aéré".

DSCN6503Avec la réouverture aux piétons du vieux pont, la scierie ancestrale fait maintenant partie d'un circuit de découverte du patrimoine. Sous le vieux pont, les promeneurs peuvent découvrir une ancienne scierie, en parfait état de marche, actionnée par la force de l'eau. Cet équipement se raréfie. Son propriétaire, Lucien Excoffier est fier de l'avoir entretenu. Il veut maintenant transmettre cet outil ancestral, toujours productif.

DSCN6507À maintenant 83 ans, Lucien souhaite passer le flambeau à un particulier ou une association qui conserverait et entretiendrait ce patrimoine. Son vœu est qu'il reste un témoin de l'artisanat local à révéler aux jeunes générations. Avec son humour légendaire Lucien serait un super-guide, passeur de mémoire, pour faire connaître la vie rurale d'antan au pays de Faverges.

Scierie Excoffier de SeythenexDevant la grande roue, rencontre du scieur avec la famille Fambon en vacances qui effectue les circuits de la « carte aux trésors ».

© Copyright août 2014 CPCGF

phila.faverges74 AT wanadoo.fr

Autre blog à consulter : http://pajani.bernard.over-blog.com

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 15:52

L'âme Slave

Cette soirée en l'église saint-Pierre de Faverges est programmée le vendredi 25 juillet à 21 heures, dans le cadre du 16e Festival « Musique et Nature en Bauges » qui propose le Choeur de chambre Français ''Les éléments'', composé de 21 chanteurs sous la direction de Joël Suhubiette avec Corine Durous au piano, dont le thème principal porte sur ''l'âme slave'' qui nourrit la musique d'une lumière à nulle autre pareille, avec des chants et danses de Russie, Lituanie, Tchéquie, Roumanie, Hongrie et Slovaquie principalement.

l-ame-Slave.jpg

''Bis repetita'' sur l'histoire du Biel de Faverges

Comme nous l'avons relaté dans l'article précédent, en début de soirée est proposée une visite à la ''Source du Biel'' qui alimentait les moulins et artifices, à l'origine du développement industriel de Faverges (voir articles précédents sur le ''Biel'' de Faverges1).

Nous avons pu joindre l'historien local Bernard Pajani, qui revient d'un périple prolongé entre le XIIe et le XVIIe siècle – cela fait près de 50 ans qu'il parcourt l'Histoire de la commune – au sujet de la dénomination de cette visite impromptue qualifiée de ''source des Romains''.

Bernard Pajani, vous êtes plongé dans l'histoire locale depuis un demi-siècle. Avez-vous déjà rencontré des Romains à Faverges ?

Pas uniquement des Romains, mais également d'autres peuples d'autres origines.

En effet, le lieu de l'origine de Faverges, systématiquement confondue avec la bourgade ''Casuaria''2, a abrité des individus faisant partie des peuples Celtes, localisés en région Sapaudia, dès l'an 500 avant notre ère, qui sont appelés les Allobroges3, comme l'ont fait les Ceutrons en Beaufortain et haut-Faucigny. Cette bourgade fut envahie et assimilée par les Romains des armées de Jules César et, certains y ont fait souche, tel que cela peut être supposé en raison des inscriptions latines découvertes dans des localités proches, comme Veyrier ou Annecy. et fait donc partie des légendes relatées par les accompagnateurs locaux.

Après la destruction de Casuaria par les Allamans, une bourgade plus compacte s'édifia près de l'endroit d'où surgissait une source d'eau claire au-dessous du rocher de la Curiale, en bordure du torrent indomptable du Saint-Ruph. Ce n'est sans doute qu'entre l'an 800 et l'an 1000, sous les rois Burgondes, que la bourgade se développa, sous le nom de ''Fabricas'' (= signifiant en langue latine ''Les Fabriques''), en raison des nombreux artifices, moulins, foulons, battoirs, scieries, clouteries, papeteries installés sur le cours du canal que les habitants ont construit avant d'y édifier leurs habitations.

Distinguer l'Histoire de la Savoie, donc de Faverges, de l'Histoire générale des peuples qui ont construit l'Europe en général et la France en particulier est une hérésie pratiquée de façon inconsciente par quelque excentrique sous des prétextes futiles. L'Histoire de Faverges est d'une continuité sans faille.

Aussi, la source du ''Biel'' pourrait tout aussi bien être appelée la source des Celtes, la source des Allobroges, la source des Ceutrons, la source des Burgondes et, à l'excès, la source des Magdaléniens, Néolithiques, Paléolithiques et autres ancêtres ayant habité le secteur sud de la dépression glaciaire4 aux bords de laquelle ces derniers s'étaient installés.

Ne mélangeons pas l'Histoire et les histoires pour "amuser la galerie" !

© Copyright juillet 2014 CPCGF

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Autre blog à consulter : http://pajani.bernard.over-blog.com

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1 Bernard Pajani, « Le Biel de Faverges », Collection Histoire et Patrimoine du CPCGF, 2014, SIRET 495367575-00018

2 Les deux lieux sont indépendants l'un de l'autre. L'étymologie des noms sont en opposition, l'un provient du nom du torrent ''la Chaise'' et l'autre est situé près du torrent ''le Saint-Ruph'' dévalant d'un versant opposé.

3 Aristide Béruard, Marius Hudry, Juliette Châtel et Alain Favre, Découvrir l’Histoire de la Savoie, Centre de la Culture Savoyarde,‎ 1998, p. 22-23

4 Alain Piccamiglio et Maxence Segard, « Le site de Viuz-Faverges/Casuaria (Haute-Savoie) : agglomération, sanctuaire et villa dans la cluse d'Annecy », Revue archéologique de Narbonnaise, vol. 38, no 39,‎ 2005, p. 105-129. Ne pas confondre le nom ''glacière'' et l'adjectif ''glaciaire''

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